Canaries : "des flammes hallucinantes"

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Canaries : "des flammes hallucinantes"
Cet habitant des îles Canaries a été évacué à San Sebastian de la Gomera, la principale localité de l'île.@ Reuters
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Environ 5.000 habitants de l'île de la Gomera ont dû être évacués à cause des flammes.

L'Espagne aura passé son été à combattre les flammes. Après l'incendie à la frontière française qui a ravagé au mois de juillet le nord-est de la Catalogne, c'est désormais le sud-est et les îles Canaries qui sont la proie des flammes.

Le feu continuait lundi à se déplacer sur la petite île montagneuse de La Gomera, dans l'Atlantique, où une partie du parc naturel de Garajonay, un sanctuaire d'espèces rares inscrit au patrimoine de l'Unesco, est partie en fumée.



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"Les gens pleuraient, couraient"

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© Reuters

Environ 5.000 habitants –un quart des habitants de l'île de la Gomera- ont été évacués de leurs maisons et villages envahis par la fumée. Ils ont été regroupés sur la côte. Des rotations par bateau, seul moyen de quitter la zone côtière, ont alors permis à 900 personnes de rejoindre San Sebastian de la Gomera, la principale localité de l'île.

"Beaucoup de personnes n'ont pas voulu sortir de leurs maisons", raconte au quotidien El Pais, Rosales, une habitante de Valle Gran Rey. Les évacués, dont certains ont tout perdu, ont vécu plusieurs heures d'incertitudes dans le port. "Les flammes étaient hallucinantes. Je n'avais jamais vu ça, même à télé. J'ai vu beaucoup d'étrangers avec des valises, d'autres avec des masques à gaz. Ceux qui sont sans logement sont les plus inquiets. Ceux à qui on a juste recommandé de quitter leurs maisons sont plus sereins", confie-t-elle

Reste que l'incendie reste un trauma pour beaucoup d'habitants de la région. "Au début, les gens pleuraient et courraient. J'ai vu des personnes qui ont eu des crises d'anxiété. Habituellement, les gens ici ne perdent jamais leur calme. Mais il faut comprendre que si leur maison brûlait, il ne leur restait que ce qu'ils avaient sur eux", renchérit Farina.

Une vidéo amateur de l'incendie :

"Tout le village en voiture, en taxi, en bus"

Lundi, c'est le village de Vallehermoso, dans le nord de l'île, qui a été évacué. "Le feu est entré dans le ravin de Vallehermoso, il se trouve dans la partie supérieure", explique le maire de San Sebastian, Angel Luis Castilla, précisant que 300 personnes étaient en cours d'évacuation.

"Tout le monde ramasse ses affaires. La Garde civile est venue, nous a dit de partir vers San Sebastian, par précaution. Tout le village part, en voiture, en taxi, en bus", témoigne Maria Gonzalez, 43 ans, qui habite sur l'île voisine de Ténérife. Maria est venue avec sa fille passer des vacances chez sa mère et toutes les trois quittaient le village en voiture. "Les gens sont très nerveux, ils ont peur, la fumée s'est rapprochée", ajoute-t-elle.

800 hectares partis en fumée

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© Reuters

Un peu plus au sud, le village de Chipude, vidé de ses habitants, était noyé dans la fumée. Aux alentours, sur le sol noir, s'étendaient arbres et plantations calcinés.

Sur environ 3.700 hectares de végétation qui ont brûlé dans l'île depuis le 4 août, 800 sont partis en fumée à l'intérieur du parc, un joyau naturel abritant un ensemble végétal protégé, connu sous le nom de "laurisilva", qui rappelle les forêts subtropicales de l'ère tertiaire.

Le président du gouvernement des îles Canaries, Paulino Rivera a affirmé lundi que la situation était grave et que les perspectives étaient "mauvaises" à cause des températures, de la faible humidité et de la morphologie du terrain.