Camatte n'est pas un agent français

  • A
  • A
Camatte n'est pas un agent français
@ REUTERS
Partagez sur :

Pierre Camatte, otage français au Mali depuis trois mois, a été libéré mardi.

Pierre Camatte est le président de "L'Association Gérardmer-Tidarmene". Mais il n’est pas un agent de la "DGSE", le service de renseignement extérieur de la France, comme l’a indiqué jeudi le site Bakchich info. Selon les informations recueillies par Europe 1, du côté des services de renseignement, on dément formellement l’information selon laquelle huit "agents" français sont retenus en otages.

Le point de départ de cette affaire. Il s'agit de la réponse de Bernard Bajolet, le coordinateur national du renseignement auprès de l’Elysée, lors d’une audition fin janvier devant la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale.

Quels sont les propos exactement tenus ? A la question du député Guillaume Garot "quelles informations pourriez-vous nous transmettre sur les agents de nos services retenus en otage, leur nombre, leur situation ? Quelles sont les perspectives les concernant ?", Bernard Bajolet répond : "Nous avons actuellement huit otages. Un au Mali, Pierre Camatte, quatre au Soudan, un en Somalie et deux en Afghanistan."

L'explication de texte ? Derrière le mot "otages", il ne fallait pas entendre "agents de nos services retenus en otage" mais plus généralement "ressortissants français". Les "deux en Afghanistan" également cités seraient ainsi les journalistes retenus depuis le 30 décembre.

Qu'en pense Guillaume Garot, le député à l'origine de la question à Bernard Bajolet ? "J’ai posé une question claire et précise, la réponse de Bernard Bajolet a eu le mérite d’être franche. Il donne des lieux, des noms", explique-t-il. Avant d'ajouter : "J’ai tout de suite pensé qu’il avait confondu 'agents des services retenus en otage' et 'otages français retenus à l’étranger'". Mais en Commission à l'Assemblée nationale, il n'est pas possible de poursuivre le débat avec la personne auditionnée. "Je suis reparti avec mes interrogations", conclut-il.

Dans quelles conditions a été libéré Pierre Camatte ? En échange de sa libération, la France a obtenu du Mali que soient remis en liberté quatre activistes d'Al-Qaïda. Un point qui continue à poser question, pour Guillaume Garot. "Je remarque aujourd’hui que Pierre Camatte est un otage qui pèse", souligne-t-il simplement.

DOCUMENT - Le compte-rendu de l'audition de Bernard Bajolet à l'Assemblée nationale