Bush, 500 pages de plaidoyer

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Bush, 500 pages de plaidoyer
George Bush justifie ses choix au cours de ses huit ans de présidence dans Décision Points.@ REUTERS
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Dans ses mémoires, l’ex-président américain défend son bilan et admet un bémol, sur l’Irak.

Très discret depuis son départ de la Maison Blanche en janvier 2009, George Bush n’est pas resté inactif pendant ces presque deux ans. L’ancien président américain (de 2001 à 2009) peaufinait en fait ses mémoires, qui paraissent mardi aux Etats-Unis et mercredi en France. Dans Decision Points (Instants décisifs dans sa version française), l’ex-homme le plus puissant du monde défend son action à la tête des Etats-Unis, marquée par les attentats du 11-Septembre et la guerre contre le terrorisme.

Supplice de la baignoire

Sans surprise, George Bush justifie dans les près de 500 pages de ses mémoires toutes les décisions prises par son administration en matière de politique étrangère, avec notamment l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak. Selon le New York Times, l'ex-président admet tout de même avoir eu "la nausée" en apprenant qu'aucune arme de destruction massive n'avait été trouvée en Irak, alors que leur présence supposée avait justifié l'entrée en guerre de 2003. George W. Bush n'en défend pas moins l'intervention dans ce pays "qui s'en sort mieux avec un gouvernement responsable devant les gens et qui a cessé de les torturer et de les tuer".

Le 43e président des Etats-Unis justifie aussi le recours au supplice de la baignoire employé à l'encontre du cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, Khaled Cheikh Mohammed. "Oh que oui", répond-il, interrogé par des agents de la CIA pour savoir s'ils peuvent utiliser cette technique d'interrogatoire sur le Pakistanais, selon un extrait du livre publié par le Washington Post. George Bush explique qu'il pensait que le suspect possédait des informations vitales sur des attentats en préparation et qu'il reprendrait la même décision si cela pouvait sauver des vies.

Plan-média XXL

Au niveau de la politique intérieure, George Bush situe le pire moment de sa présidence lors d'un incident consécutif à l'ouragan Katrina, qui a dévasté la Nouvelle-Orléans en 2005 et a valu l'accusation d'incompétence à son administration. Le rappeur Kanye West avait alors accusé à la télévision le président de ne pas se préoccuper des Noirs. "Il m'a traité de raciste", se souvient l'ex-président, selon un extrait d’une interview diffusée lundi soir sur NBC. "Je ne l'ai pas digéré à l'époque et je ne le digère toujours pas. (...) Ce n'est pas vrai et ça a été l'un des moments les plus écœurants de ma présidence".

Pour vendre le 1,5 million d’exemplaires prévu par son éditeur, la sortie de Decision Points s’accompagne d’un plan-média XXL. George Bush accorde ainsi sa première interview télévisée depuis son départ de la Maison-Blanche, lundi soir, à NBC. L'ancien dirigeant enchaînera mardi avec le talk-show d’Oprah Winfrey, véritable passage obligé. Puis il fera faire la tournée des animateurs ultraconservateurs que sont Rush Limbaugh, Sean Hannity ou encore Bill O'Reilly. Histoire que la tournée de promotion se déroule sans accroc.