Burkina Faso : Compaoré démissionne

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Burkina Faso : Compaoré démissionne
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L'ESSENTIEL - Blaise Compaoré a démissionné vendredi après plusieurs jours de forte contestation populaire au Burkina Faso. Le chef de l'armée Honoré Traoré assure l'intérim.

LES TROIS INFORMATIONS A RETENIR

• Blaise Compaoré a quitté le pouvoir vendredi. L'ex-président serait en route pour le Ghana, selon Reuters.

• Les manifestations contre le président Blaise Compaoré ont repris vendredi matin dans la capitale, Ouagadougou. Plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent dans les rues et réclament le départ du chef de l'Etat. Blaise Compaoré a provoqué la colère de la population en voulant modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir.

• Le chef de l'état-major de l'armée Honoré Traoré s'empare provisoirement du pouvoir vacant. L'opposition craint un coup d'état militaire.

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LE RAPPORT DE FORCE

• Compaoré démissionne. C'est la fin d'un règne de 27 ans. Le président burkinabè Blaise Compaoré a démissionné vendredi. Dans son communiqué,l'inamovible président appelle à la tenue d'élections "libres et transparentes" sous 90 jours. Le lieutenant-colonel Issaac Zida avait annoncé la nouvelle peu avant sur la Place de la Nation à Ouagadougou à une foule immense, des dizaines de milliers de personnes. La nouvelle a provoqué l'euphorie parmi les manifestants. Le désormais ex-président du Burkina Faso, lui, serait en route pour le Ghana, rapporte l'agence Reuters. 



• La rue a gagné. L'opposition avait demandé le départ immédiat du président Blaise Compaoré jeudi, mais le président s'est accroché au pouvoir. Vendredi matin, les manifestations ont donc repris. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues pour demander le départ immédiat de Blaise Compaoré. Le correspondant d'Europe 1 et de Vice sur place Pierre Mareczko confirme : "L'opposition a appelé la population à manifester. Les protestataires comptent occuper les espaces publics jusqu'au départ du chef de l’État. Les manifestations vont s'amplifier."

• Mais l'opposition craint un "coup d'état". Pierre Mareczko, explique la situation au sommet de l'Etat : "c'est le plus grand flou. Blaise Compaoré voulait rester au pouvoir, mais les manifestants comptent rester pour maintenir la pression." L'armée a pris le pouvoir et a annoncé jeudi la dissolution de l'Assemblée nationale, ainsi que la mise en place d'un organe de transition à la tête du pays pour une durée de 12 mois. Le chef d'état-major de l'armée du Burkina Faso, le général Honoré Traoré, a annoncé vendredi qu'il assumait désormais les fonctions de chef de l'Etat. Il est resté plus vague que Blaise Compaoré sur la tenue d'élections pour former un nouveau gouvernement. L'opposition a tout de suite critiqué la prise de pouvoir de l'armée. Un des leaders de l'opposition, Bénéwendé Sankara, l'a même qualifiée de "coup d'état". Un groupe d'officiers burkinabè a ensuite annoncé la mise en place prochaine "d'un nouvel organe de transition" pour un retour le plus rapide possible à l'ordre constitutionnel, demandant le soutien de la communauté internationale. Cette déclaration l'annonce du général Traoré, et renforce le flou autour de la situation actuelle.

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• Un bilan difficile à chiffrer. La nuit de jeudi à vendredi a été plutôt calme au Burkina Faso. Pierre Marcezko raconte : "Il y a eu quelques détonations dans Ouagadougou. Mais sinon, c'était relativement calme. On peut tout de même signaler des pillages dans la ville." Un ténor de l'opposition a déclaré que les violentes émeutes de jeudi ont fait plus d'une trentaine de morts et plus de cent blessés. L'AFP n'a pu en confirmer que quatre.

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L'armée a pris le pouvoir.

© REUTERS

LES RAISONS DE LA COLÈRE

• Dans l’œil du cyclone des protestataires, qui ont envahi les rues du pays : le président Blaise Compaoré. Le chef de l’état burkinabè, au pouvoir depuis 1987, soit 27 ans, a tenté de se maintenir en pouvoir en voulant modifier la constitution. Il avait déjà changé les textes fondateurs de la république burkinabè quatre fois depuis 1991. Les députés devaient voter cette mesure jeudi, quand les manifestants se sont rués dans le bâtiment. Sous la pression, Blaise Compaoré a dû retirer son projet de loi controversé, mais les troubles se poursuivent.

• Assita Kanko, auteure belgo-burkinabè, a expliqué au micro d'Europe1 le désarroi de la jeunesse de son pays : "Blaise Compaoré est arrivé au pouvoir quand j’avais 7 ans, aujourd'hui j’ai un enfant de 7 ans et il est toujours là. Ceux contre qui le régime tire aujourd'hui, sont les bébés qui naissaient lors de leur arrivée au pouvoir." Elle a également parlé du rôle des réseaux sociaux dans cette révolte : "Les jeunes twittent énormément. Il y a un hashtag dédié à la révolution, qui s'appelle "Lwili", qui veut dire oiseau, et aussi "Iwili", qui signifie levez-vous dans une langue du Burkina Faso".

Écoutez l'intégralité de l'interview de Assita Kanko :



Assita Kanko : "On ne veut plus de ce régime...par Europe1fr

LES RÉACTIONS INTERNATIONALES

• Paris appelle "toutes les parties à la retenue" et Washington se dit "très inquiet". L'ambassadeur de France à Ouagadougou a d'ailleurs rencontré les chefs de l'opposition pour trouver une solution pour une sortie de crise, affirme France 24. Concernant les ressortissants français au Burkina Faso (environ 3.500), Laurent Fabius a assuré qu'il n'y avait "aucun risque" et que "les décisions ont été prises pour qu'ils soient rassurés". L'Elysée a réagi en "saluant" la démission de Blaise Compaoré et appelle à la "rapide tenue d'élections démocratiques".

• Au début du mois d'octobre, François Hollande lui-même avait écrit au président burkinabè pour le prévenir des risques auxquels il s'exposait en tentant une enième révision de la Constitution, révèle Jeune Afrique



• L'ONU a envoyé un émissaire au Burkina Faso pour tenter de mettre fin aux violences. Le secrétaire général de l'organisation, Ban Ki-Moon, "suit avec une grande inquiétude la détérioration de la situation".

• L'Union Europénne a insisté sur "le sens de la responsabilité" que devaient assumer "toutes les forces politiques, de l'armée et des institutions républicaines".