Budget Trump : hausse pour la défense, coupes claires sur la diplomatie et l'environnement

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Budget Trump : hausse pour la défense, coupes claires sur la diplomatie et l'environnement
Le projet de budget de Donald Trump a peu de chance d'être validé par le Congrès mais il donne les grandes priorités du nouveau président@ JIM LO SCALZO / EPA POOL / AFP
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Trump propose que le budget du Pentagone soit augmenté de 54 milliards de dollars, une hausse financée par des coupes dans les budgets de la diplomatie et de l'environnement.

Le président des États-Unis Donald Trump proposera jeudi son premier budget. Il y prévoit une baisse drastique des ressources allouées à l'aide internationale et à la protection de l'environnement pour compenser une hausse spectaculaire de dépenses du Pentagone.

54 milliards de dollars supplémentaires pour le Pentagone. Ce budget, dont le détail sera dévoilé à 7 heures locales (12 heures heure française), n'a aucune chance d'être adopté en l'état par le Congrès mais décline, en chiffres, le programme du nouveau locataire de la Maison-Blanche qui s'articule autour d'un slogan : "l'Amérique d'abord". La hausse spectaculaire de 54 milliards de dollars (soit 50 milliards d'euros) prévue pour la défense (près de 10%) s'accompagnera d'une baisse marquée des ressources de la plupart des autres ministères et agences fédérales.

À 3,3% du PIB, soit près de 600 milliards de dollars (559 milliards d'euros), les dépenses militaires américaines vont rester de loin les plus importantes du monde : elles sont près de trois fois supérieures à celles de la Chine, deuxième puissance militaire mondiale. 

De larges coupes dans le budget de la diplomatie. Selon Mick Mulvaney, directeur du budget, le document prévoit une baisse de 28% des ressources du département d'État, en charge de la diplomatie de la première puissance mondiale. Son budget actuel, qui englobe l'Agence pour le développement international (USAID), s'élève à environ 50 milliards de dollars (46,6 milliards d'euros), soit l'équivalent de la hausse du budget de la défense.

"Le président a fait campagne en affirmant qu'il dépenserait moins d'argent à l'étranger et plus aux États-Unis", a résumé Mick Mulvaney. Cependant, a-t-il assuré, ce budget permettra que "les fonctions diplomatiques essentielles du département d'État", qui compte quelque 70.000 employés et 250 ambassades et consulats, soient préservées.

Le début d'une longue bataille avec le Congrès. La publication du document ne marque que le début d'une longue bataille avec le Congrès car c'est lui, et non la Maison-Blanche, qui tient les cordons de la bourse. Or, si les deux chambres sont contrôlées par les républicains, la majorité et le président ne sont pas, loin s'en faut, à l'unisson. Plusieurs poids lourds républicains du Congrès ont déjà pris leur distance avec certaines propositions. "L'aide étrangère n'est pas de la charité", a ainsi souligné le sénateur Marco Rubio, estimant qu'elle était cruciale pour la sécurité nationale.

Un budget pour l'environnement réduit. La puissante Agence de protection de l'environnement (EPA) devrait aussi subir des coupes spectaculaires dans ce document sur exercice budgétaire 2018, qui commence le 1er octobre 2017. Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump, qui a par le passé mis en doute la réalité du changement climatique, martèle sa volonté de supprimer nombre de réglementations fédérales sur l'environnement qu'il juge inutiles, affirmant qu'elles sont un obstacle aux créations d'emplois.

1,5 milliard de dollars pour le mur avec le Mexique. Le document budgétaire devrait aussi inclure les premiers chiffres sur le sommes allouées à court terme à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique pour freiner l'afflux de clandestins, promesse de campagne emblématique de Donald Trump. Selon le directeur du budget, une somme de 1,5 milliard de dollars (1,40 milliard d'euros) sera prévue sur l'année 2017 et quelque 2,6 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) pour la suivante.