Bruno Tertrais : "La crise syrienne restera une tache sur l'ensemble des bilans politiques occidentaux"

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Bruno Tertrais : "La crise syrienne restera une tache sur l'ensemble des bilans politiques occidentaux"
@ Abd Doumany / AFP
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Le politologue juge le bilan international de François Hollande avec clémence, exception faite de la gestion de la crise syrienne. Un événement qui a souligné que la France n'était qu'une "puissance moyenne", à l'instar de l'Europe entière.

Le cessez-le-feu en Syrie conclu mercredi entre le régime de Damas et les rebelles, avec le concours de la Turquie et de la Russie démontre une nouvelle fois le leadership de Vladimir Poutine dans la région. Bruno Tertrais, politologue et directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique était l’invité de l’émission C’est arrivé cette semaine pour présenter son analyse.

"Des groupes rebelles que la Russie prétendait inexistants". "Des cessez-le-feu, il y en a eu beaucoup, y compris proposés par la Russie. En général, ils ne tiennent pas longtemps, d'ailleurs celui-ci a déjà été violé. Et c'est un cessez-le-feu partiel puisqu'il ne concerne pas les groupes djihadistes. Si ce n'était pas aussi tragique, je dirais que de manière cocasse, le cessez-le-feu concerne explicitement des groupes rebelles que la Russie prétendait inexistants", en ne considérant que les forces du régime d'un côté et les terroristes de l'autre.

"Dépendants" des Etats-Unis. L'objectif stratégique de la Russie est "le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad, rappelle Bruno Tertrais. Il y a aussi eu une opportunité, causée par l'abstention américaine, par la volonté d'Obama de ne pas intervenir." Le conflit qui dure depuis cinq ans a des répercussions profondes sur le débat politique en Europe. Si le bilan international de François Hollande est jugé de manière positive par Bruno Tertrais, il retient néanmoins "une incapacité, qui est celle de l'Occident à peser de manière décisive sur la crise syrienne. On voit qu'on est une puissance moyenne. Si les Etats-Unis décident de ne pas y aller, on reste dépendants. La crise syrienne restera une tache sur l'ensemble des bilans politiques occidentaux de ces dernières années."