Brexit : les Européens en quête de la carte de résident permanent

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Alors que Londres s'apprête à enclencher le Brexit, les Européens qui vivent au Royaume-Uni tentent d'obtenir un document jusqu'alors facultatif pour pouvoir rester Outre-Manche.

Le divorce des Britanniques avec l'Europe commencera mercredi, avec activation par Londres de l'article 50 qui permet d'enclencher le Brexit, sans retour en arrière possible. Un long processus de négociations va désormais s'engager entre le Royaume-Uni et Bruxelles avec un gros point d'interrogation : le sort des trois millions d'Européens vivant sur le sol britannique qui ignorent si leurs droits seront garantis. Parmi eux figurent 350.000 Français. Tous essayent désormais d'obtenir un sésame jusqu'à présent facultatif : la carte de résident permanent.

Des situations ubuesques. Faute d'y voir plus clair, cette carte est aujourd'hui le seul document qui peut leur garantir le droit de rester au Royaume-Uni, de travailler, de se loger et d'accéder aux services sociaux britanniques. Mais pour l'obtenir, c'est loin d'être simple. Il faut apporter sur 85 pages des preuves, notamment d'emploi dans le pays. Patricia Connell, déléguée consulaire à Londres se confronte à de plus en plus de situations ubuesques : "On a eu le cas d'une dame qui est là depuis soixante ans. Son mari est décédé, ses enfants sont tous ici, elle est grand-mère mais elle n'a jamais travaillé, donc comment fait-elle pour prouver qu'elle a le droit de rester ?" 

Certains pensent à quitter la Grande-Bretagne. Jusqu'à un expatrié sur trois pourrait ainsi se retrouver en situation irrégulière. Certains envisagent même de quitter la Grande-Bretagne, à l'image de Marianne, 25 ans, qui explique subir une xénophobie au quotidien : "Je reçois des remarques, que ce soit au travail ou ailleurs, sur ma situation." On lui demande si elle va pouvoir "rester ici", d'autres lui disent : "ce n'est pas très grave si tu pars puisque n'importe quel imbécile pourra te remplacer". La jeune femme s'insurge : "Je suis bilingue, je suis parfaitement intégrée au pays mais en fait je ne suis pas vraiment la bienvenue ici. je suis juste une invitée." Marianne prépare donc elle aussi un dossier, non pas rester au Royaume-Uni mais pour émigrer vers le Canada.