Brésil : l'ex-président Lula sera jugé pour corruption dans l'affaire Petrobras

  • A
  • A
Brésil : l'ex-président Lula sera jugé pour corruption dans l'affaire Petrobras
@ NELSON ALMEIDA / AFP
Partagez sur :

L'ancien président est soupçonné de corruption et de blanchiment d'argent dans l'affaire Petrobras, qui éclabousse la classe politique brésilienne depuis de longs mois. 

L'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva sera jugé pour corruption dans un volet du dossier Petrobras. Le juge Sergio Moro a accepté mardi les charges présentées contre lui par le parquet la semaine dernière. "En raison de l'existence d'indices suffisants (...) j'accepte la dénonciation" présentée par le parquet contre l'ex-président (2003-2010) de gauche pour corruption et blanchiment d'argent, a indiqué le juge Moro dans un document distribué à la presse.

L'achat d'un appartement dans une station balnéaire. Les procureurs chargés du dossier Petrobras avaient accusé le 14 septembre Lula d'avoir été le "bénéficiaire direct" de largesses du groupe de BTP OAS à hauteur de 3,7 millions de réais (1,1 million de dollars au cours actuel). Le géant du BTP aurait octroyé ces avantages en nature, "à travers l'achat, la personnalisation et décoration" d'un appartement en triplex dans la station balnéaire de Guaruja. Lula qui avait versé une avance pour l'achat de cet appartement en construction avant d'y renoncer, conteste formellement en être le propriétaire de fait, comme il en est accusé.

Un énorme scandale national. Lula est visé par trois enquêtes dans le cadre du scandale Petrobras, une affaire qui a coûté plus de deux milliards de dollars à la compagnie-phare du Brésil et bénéficié à des dizaines d'hommes politiques de divers partis, à des entrepreneurs du BTP et à des directeurs de Petrobras. Il avait déjà été inculpé le 29 juillet de tentative d'entrave à la justice par le Tribunal suprême fédéral (STF).

Une "farce" pour Lula. L'ancien président brésilien a qualifié mardi de "farce" et de "spectacle pyrotechnique" les accusations portées à son encontre. "Je suis triste parce que je viens d'apprendre que (le juge Sergio) Moro a accepté la dénonciation à mon encontre, bien qu'il s'agisse d'une farce, d'un énorme mensonge, d'un grand spectacle pyrotechnique", a dit l'ex-chef d'État depuis le Brésil, lors d'une téléconférence organisée, par ses avocats.