Brésil : Dilma Rousseff se rapproche d'une destitution

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Brésil : Dilma Rousseff se rapproche d'une destitution
Les députés favorables à la destitution de Rousseff fête le résultat du vote.@ EVARISTO SA / AFP
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Dimanche soir, les députés ont voté en faveur de la destitution de la présidente. Désormais, les sénateurs devront se prononcer avant le 11 mai.

Les députés brésiliens ont ouvert dimanche la voie d'une destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff par le Sénat à une écrasante majorité, lors d'un vote historique qui s'est déroulé dans une ambiance survoltée. A l'issue de la plus longue session du parlement brésilien au cours de laquelle chacun des 25 partis s'est exprimé, les députés ont voté la poursuite de la procédure contre Dilma Rousseff.

Au moins deux tiers des votes. A 23h07, (4h07 en France), le camp de l'"impeachment" a franchi la barre fatidique des 342 votes (2/3) requis pour le renvoi de la procédure au Sénat. Au total, et après le vote de tous les députés, 367 se sont dit favorables à la destitution de la présidente, 117 contre. Les députés de l'opposition de droite ont exulté, chantant l'hymne des supporteurs de l'équipe de foot au Mondial-2014 : "je suis Brésilien, avec beaucoup de fierté et beaucoup d'amour".

Un putsch, pour le PT. Le leader à la Chambre des députés du Brésil du Parti des Travailleurs, celui de Dilma Rousseff, José Guimaraes, avait anticipé cette "défaite provisoire" une demi-heure plus tôt. "Les putschistes ont gagné ici à la chambre" mais "cette défaite provisoire ne signifie pas que la guerre est perdue", a déclaré José Guimaraes à des journalistes. "Nous allons maintenant dialoguer avec le Sénat pour qu'il corrige l'action des putschistes dirigés par des gens sans autorité morale", a-t-il ajouté rappelant que Dilma Roussef avait été élue par plus de 54 millions de Brésiliens en 2014.

Au tour des sénateurs. Accusée de maquillage des comptes publics en 2014, année de sa réélection, et en 2015 pour masquer l'ampleur de la crise économique, Dilma Rousseff nie avoir commis un crime dit "de responsabilité" et dénonce une tentative de "coup d'Etat" institutionnel. Elle avait annoncé qu'elle "lutterait jusqu'à la dernière minute de la seconde mi-temps". Mais son mandat ne tient désormais plus qu'à un fil. D'ici au 11 mai, il suffira d'un vote à la majorité simple des sénateurs pour qu'elle soit formellement mise en accusation pour "crime de responsabilité" et écartée du pouvoir pendant 180 jours au maximum, en attendant un verdict final.