Brésil : Dilma ou José ?

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Brésil : Dilma ou José ?
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Portraits croisés de deux candidats d’expérience qui se disputent le poste de président.

Lui, a un physique austère. Elle, affectionne les tenues colorées. Tous deux s’affrontent dans les urnes, dimanche, au second tour de l’élection présidentielle brésilienne. Dilma Rousseff et José Serra ne se ressemblent pas, mais chacun semble doté d’atouts pour remporter le match.

La popularité : victoire de Dilma
Selon les dernières enquêtes d’opinion, diffusées vendredi, c’est Dilma Rousseff, 62 ans, qui semble être favorite. La protégée de Lula, le président sortant, maintient une avance confortable de 12 points (56% à 44%) son adversaire, âgé de 68 ans.

La force de vaincre : ex-aequo
Qu’il s’agisse de Dilma Rousseff ou de José Serra, tous deux ont connu un passé militant difficile. Dilma, activiste d’extrême-gauche, a été arrêtée à Sao Paulo en janvier 1970. Elle a été condamnée à six ans de prison, mais a été finalement libérée fin 1972 sans avoir cédé à la torture.

José Serra est, lui, le fils d'immigrants italiens venus de Calabre, qui, à 21 ans, est élu président de l'Union Nationale des Etudiants (UNE). C’est à ce titre qu’il est parmi les premiers à être poursuivis par le régime militaire lors du coup d'Etat de 1964. Il part en exil pendant 14 ans. Il passe par la France puis s'installe au Chili. Mais il est chassé du pays par le coup d'Etat militaire en 1973. Il gagne alors les Etats-Unis où il enseigne dans les prestigieuses universités de Princeton et de Cornell. Il ne revient au Brésil qu’en 1977.

Le charisme : victoire de Dilma
Avare en sourires, José Serra ne semble pas faire le poids face à Dilma Rousseff, qui affiche, elle, un large sourire à chacune de ses apparitions en public. Vêtue de veste de tailleur aux couleurs vives, elle a su s’attirer la sympathie de nombreux Brésiliens. De plus, l'année dernière, elle a admis publiquement subir un traitement contre un cancer, ce qui a - tristement - adouci son image.

Le naturel : victoire de José Serra
Si le candidat démocrate n’est pas très charismatique, il joue néanmoins la carte du naturel, ce qui n’est pas le cas de Dilma. Sachant qu'une campagne se gagne aussi à la télévision, la candidate, s'est soumise à plusieurs opérations de chirurgie esthétique. Elle en est sortie rajeunie, plus mince, et sans ses grosses lunettes de forte en thème.

L’expérience politique : ex-æquo
José Serra, ancien gouverneur de Sao Paulo, est présenté comme un politicien chevronné et persévérant. Il est très apprécié par les Brésiliens pour ses actions en faveur des traitements gratuits contre le sida et les médicaments génériques quand il était ministre de la Santé de 1998 à 2002. Mais surtout, il a déjà fait l’expérience d’une élection présidentielle. En 2002, il s’était présenté contre Lula, mais avait perdu au second tour.

Dilma présente elle aussi un CV impressionnant. Elle est considérée comme la "mère du PAC", le programme d'accélération de la croissance qui finance de gigantesques investissements dans les infrastructures du Brésil. Elle fut nommée secrétaire d'État à l'Énergie, entre 1991 et 1995, puis ministre de l’énergie de 2003 à 2005. Sa poigne lui vaut s’être surnommée "la dame de fer".