Breivik donne tous les détails sur la tuerie d'Utoya

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Breivik donne tous les détails sur la tuerie d'Utoya
Anders Breivik au cinquième jour du procès.@ Reuters
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Revivez minute par minute le cinquième jour du procès d'Anders Breivik, le tueur d'Oslo.

Cinquième jour d'audience dans le procès du tueur norvégien, Anders Behring Breivik. Jugé pour "actes terroristes", il s'est expliqué sur les raisons qui l'ont poussé à tuer 69 jeunes gens réunis pour un camp d'été des jeunesses travaillistes sur l'île d'Utoya. Jeudi, il a affirmé, devant la cour, qu'il préparait des attaques encore plus meurtrières. Le militant d'extrême-droite a déclaré qu'il aurait souhaité tuer les 564 personnes rassemblées ce jour-là sur le site mais également tous les membres du gouvernement, dont le Premier ministre.

16h10 : Le procès est suspendu. "Même les avocats de Breivik ont les larmes aux yeux", écrit un journaliste dans la salle. "Quelle horrible journée", conclut-il.

16h00 : "Nous n'oublions pas les 77 victimes", peut-on lire sur une des cartes déposées devant le tribunal.



15h55 : Breivik se défend d'avoir souri pendant le massacre. "J'ai entendu des jeunes travaillistes dire que je riais. Je n'ai jamais ri ou souri pendant que j'étais là-bas. C'était horrible", dit-il.

15h45 : Breivik voulait tuer "600 personnes" à Utoya. La cour interroge Breivik et revient sur les meurtres, avec une carte détaillant les lieux où les corps ont été retrouvés.

15h30 : Des centaines de fleurs sont déposées devant le tribunal.



15h25 : Breivik raconte sa reddition. Il a posé son arme par terre comme le lui demandaient les policiers. Les forces spéciales n'ont d'abord pas voulu croire qu'il était seul sur l'île. Il a ensuite été emmené dans un des bâtiments de l'île et interrogé pendant cinq heures. Breivik s'interrompt quelques secondes et demande aux juges "Voulez-vous que je continue ?".

15h20 : Breivik revient en arrière dans sa chronologie pour ajouter des détails. Il assure avoir épargné plusieurs personnes qu'il trouvait trop jeunes.

15h20 : Breivik a pensé se suicider. "Je me suis demandé si je voulais vraiment survivre à ça ? J'allais devenir l'homme le plus haï de Norvège", raconte-t-il. Puis il a repensé à son manifeste et à son projet d'affronter un procès.

15h15 : "J'ai vu ce que j'ai fait et j'ai pensé que c'était horrible". Breivik continue sa description du massacre. Il appelle encore une fois la police pour se rendre et demande à ce qu'on le rappelle.

15h11 : Aucune pitié. "J'avais vu des gens qui faisaient les morts donc j'ai décidé de retourner leur tirer dessus encore une fois, même s'ils étaient allongés", raconte Breivik.

15h10 : Une ruse pour tuer encore plus. Alors qu'il parcourt l'île à la recherche de nouvelles victimes, Breivik fait semblant de chercher le tueur. "Vous l'avez vu ?", demande-t-il à plusieurs jeunes, pour qu'ils ne se méfient pas et s'approchent de lui.

15h05 : Quand sa mission a été terminée. Lorsque Breivik retourne vers les bâtiments, il ne voit plus personne. "J'ai pensé que ma mission était maintenant terminée et qu'il fallait que j'appelle le numéro d'urgence de la police", explique-t-il. Ne trouvant pas son portable, il appelle depuis un téléphone qu'il trouve par terre. Mais les lignes téléphoniques sont surchargées d'appels et il n'arrive pas à joindre la police. "Puisque la police ne répondait pas, j'ai pensé qu'elle refusait que je me rende. J'allais continuer à tuer jusqu'à ce que la police me rappelle", poursuit Breivik.

15h00 : Empêcher les jeunes de fuir. Lorsque Breivik entend plusieurs bateaux partir, il tire plusieurs fois dans leur direction.

14h55 : Breivik avait tout prévu. Il portait un sac à dos avec de l'eau pour ne pas se déshydrater, raconte-t-il. Il avait également apporté 8 litres d'essence : il avait prévu de mettre le feu aux bâtiments mais n'a pas trouvé son briquet le moment venu. "Si je ne pouvais pas les brûler, je pouvais les enfumer. J'avais trois grenades fumigènes. Je les ai lancées contre une fenêtre", mais elles sont tombées par terre et ont roulé vers l’embarcadère.

14h45 : Breivik est de retour dans la salle d'audience. "Attention, d'autres détails horribles sont attendus. Lisez avec précaution ou abstenez vous", prévient encore sur Twitter Trygve Sorvaag.

14h30 : Un juge demande une courte pause. Certaines personnes dans la salle sont en pleurs, assure un journaliste. "Des journalistes pleurent ouvertement à côté de moi. Certaines familles et des survivants envisagent de partir", ajoute Trygve Sorvaag.



14h25 : Breivik n'avait pas prévu de tuer beaucoup de monde. "J'avais décidé d'en tuer le moins possible. Je voulais les effrayer pour qu'ils se jettent à l'eau et se noient", dit-il.

14h10 : Breivik décrit avec beaucoup de détails les meurtres. "Il fallait que je gère correctement mon temps pour atteindre mes objectifs", dit-il. Selon une journaliste sur place, "c'est la première fois que Breivik a l'air troublé".



Beaucoup de journalistes qui racontent le procès sur Twitter conseillent de ne plus lire leurs messages si les détails sont trop choquants.



Un des journalistes avoue même qu'il a du mal à retenir ses larmes.



14h05 : "C'était maintenant ou jamais". Breivik dit avoir proposé au chef de la sécurité de faire un briefing dans un des bâtiments. "Je marchais avec mon armes dans la main, dans un sac. J'ai pensé, c'est maintenant ou jamais. Cette minute m'a semblé durer une éternité", dit Breivik. "Quand j'ai sorti l'arme, c'était comme si des centaines de vois dans ma tête disaient 'ne le fais pas, ne le fais pas'", ajoute-t-il. Il a ensuite commencé à tirer, dit-il. "J'ai fini dans un état de choc. Après je ne souviens plus très bien", dit-il.

14h00 : Breivik a raconté avoir été envoyé sur place après l'attentat d'Oslo. Il a donc demandé au chef de la sécurité d'Utoya de lui envoyer un ferry pour l'emmener sur l'île d'Utoya. Il lui a fait croire qu'il était venu pour rassurer les jeunes du camp. A l'arrivée sur l'île, plusieurs personnes l'attendaient. "Le chef n'a même pas remarqué que l'uniforme était faux", dit Breivik, mais il lui pose des questions précises sur sa district, ou des noms spécifiques...

13h50 : Breivik commence le récit de la tuerie d'Utoya. Il était armé, portait un faux uniforme de la police et avait une fausse carte de police. Breivik dit s'être tout de même inquiété de ne pas avoir l'air suffisamment crédible.

13h45 : Breivik propose aux personnes présentes dans la salle de sortir si elles ne veulent pas entendre le récit de la tuerie. "Ça va être macabre", prévient-il. Personne ne sort. "Les gens semblent préparés à l'horrible histoire que nous nous apprêtons à entendre", écrit un journaliste.



13h40 : Breivik continue à méditer en prison. C'est d'ailleur ce qui l'aide à supporter le procès, dit-il.

13h30 : Plusieurs psychiatres interrogent Breivik. Ils le questionnent notamment sur sa manie des chiffres et des pourcentages mais également sur sa capacité d'empathie. Breivik explique que la méditation l'aide à faire abstraction de ses sentiments, "de la joie à la peine, en passant par le désespoir, l'anxiété, la peur, etc." "A Utoya, je me suis retrouvé dans un état de choc où le cerveau est incapable de penser clairement", dit Breivik.

13h15 : Breivik avait classé ses cibles en trois catégories, A, B et C. "Etait-ce une opération 'virile'", demande un juge à Breivik.

13h15 : La violence en dernier ressort. Breivik assure qu'il a essayé d'éviter la violence : il a écrit des manifestes, s'est engagé "normalement" en politique... "Je suis la troisième génération de militant nationaliste", dit-il.

13h10 : L'audience reprend. Breivik est de retour dans la salle où se déroule le procès. Il va maintenant expliquer comment s'est déroulé la fusillade sur l'île d'Utoya.



13h07 : Irresponsabilité pénale, la clé du procès. Pour rappel après les débats de la matinée lors desquels Anders Behring Breivik a dit ne pas être "un cas psychiatrique", si l'accusé est déclaré pénalement irresponsable, il risque l'internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait ensuite être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux.

12h : Suspension d'audience. Les juges ordonnent une pause pour le déjeuner.

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© Reuters


11h55 : Il aime bien les journalistes sportifs. Breivik dit avoir "la haine des journalistes" qu'il considère comme des "traîtres", mais exclut de ce groupe "les journalistes sportifs". 

11h50 : "J'ai échoué à Utoya". A quelques minutes de la suspension d'audience, Breivik a réaffirmé que ses objectifs n'avaient pas été atteints. "J'ai échoué à Utoya, Le succès aurait été d'avoir tué tout le monde. Et le parti travailliste aurait été éradiqué pour toujours", un mouvement politique qui, selon lui, détruit "le peuple et la culture de Norvège." Il confirme donc que son objectif principal n'était pas Utoya mais le building de l'administration norvégienne. 

11h40 : La liberté d'expression. La cour lui demande s'il trouve ses actes lâches. Breivik répond : "théoriquement, si je n'avais pas été lâche, j'aurai appelé l'armée norvégienne pour un duel au bord du lac". Le tueur assure que cette "guerre" pourrait finir si la Norvège et l'Europe cessaient de confisquer la "liberté d'expression".

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© Reuters

11h30 : Je ne suis pas "un cas psychiatrique". Interrogé sur son manque apparent d'empathie par une avocate des parties civiles, Breivik affirme qu'il veut être reconnu "responsable" pénalement de ses actes. "Ce cas est simple, je suis sain d'esprit", a-t-il affirmé. "Quand on voit quelque chose de si extrême, on peut penser que c'est de la folie mais il faut différencier extrémisme politique et folie dans le sens clinique du terme", a-t-il ajouté.



11h20 : Ses boucliers mentaux. Les avocats des parties civiles cherchent à nouveau à jauger le niveau d'empathie de Breivik. Il réplique : "si je me débarrasse de mes boucliers mentaux, je vais m'écrouler alors je ne le ferai pas maintenant", a-t-il insisté avant d'ajouter : "ce que j'ai fait est épouvantable. Je ne peux l'expliquer mais je sais que c'est horrible". "Si j'avais essayé de comprendre ces vies dévastées, je n'aurai pas survécu. Je ne pouvais venir au procès que si j'étais insensibilisé", a prétexté Breivik.

11h10 : Breivik était prêt à se rendre. Breivik assure que si la bombe d'Oslo avait détruit le bâtiment du gouvernement, tuant tout le monde, il se serait "rendu" à la police au lieu d'aller commettre le massacre sur l'île d'Utoya.



11h : Adresse IP. Breivik a masqué son identifiant Internet afin de conserver l'anonymat et de ne pas susciter l'intérêt des services de renseignement qu'il a comparé, lors de l'audience, à la Stasi, la police politique de l'ex-Allemagne de l'Est. Il assure avoir commandé les explosifs sur Internet au mois de décembre pour faire croire, en cas de problèmes, qu'il s'agissait de feux d'artifices destinés au réveillon.

10h50 : Une mission de reconnaissance. Breivik a mené une opération de reconnaissance sur l'île d'Utoya. Il s'est également renseigné sur le camp en allant simplement le site Internet du parti travailliste.

10h40 : Des pierres. Devant le tribunal d'Oslo, plusieurs personnes ont laissé des petites pierres décorées en hommage aux victimes.

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10h25 : Comment a-t-il fabriqué la bombe qui a tué 8 personnes à Oslo ? "Je suis allé sur Internet. J'ai fait une recherche et j'ai trouvé plus de 600 guides sur la manière de produire des explosifs", a affirmé simplement Breivik. Devant la cour, il assure avoir commencé à étudier les principes chimiques à l'automne 2010 afin de mener ses premières expériences. Breivik affirme ne pas avoir utilisé de "recette" toute faite mais une qu'il a lui même "expérimentée". Breivik précise qu'il a été influencé par les techniques d'Andreas Baader, chef de l'organisation révolutionnaire allemande (RAF).



10h15 : "Jusqu'en 2006, j'étais normal". Breivik affirme qu'à partir de cette date, il a commencé à sentir le désir "d'attentat suicide". "En Afghanistan, les soldats norvégiens essaient de se déshumaniser", car il s'agit d'un "principe fondamental" de guerre. "J'ai utilisé la même stratégie pour atteindre ceux que je considère comme une cible légitime", a expliqué Breivik. Avant d'ajouter : "on ne peut pas tuer quelqu'un, à moins de se préparer. Pour moi, ça a duré deux ans". Il a donc dû refouler ses émotions, notamment en pratiquant la méditation, et couper ses liens sociaux en 2006. "Je suis quelqu'un de très sympathique en temps normal", a-t-il expliqué. 

10h : La Norvège derrière un écran. Le procès est retransmis dans 17 tribunaux de Norvège pour permettre aux victimes et à la presse de suivre cette 5e journée.

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9h50 : Les émeutes françaises. Breivik affirme, qu'en 2009, il a voulu intéresser les chaînes de télévision norvégiennes aux "émeutes de musulmans en France", rapporte Olivier Truc, correspondant du Monde en Scandinavie.



9h40 : "Je ne suis pas raciste". "Je suis même un anti-raciste", a déclaré Breivik avant d'accuser les médias de "racisme anti-européen".

9h30 : Médias et éducation coupables. Breivik a entamé une critique acerbe des médias et de l'éducation qu'il accuse de faire le jeu du "marxisme culturel" et d'avoir censuré le nationalisme depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. "Soudainement, les garçons ont dû se mettre au tricot et au crochet", a-t-il déclaré. Il s'est ensuite exprimé sur une forme de censure : "Si vous voulez publier des livres qui critiquent l'Etat, vous devez utiliser les éditions dissidentes". Selon Breivik, l'école fonctionne aujourd'hui "comme un camp d'endoctrinement", rapporte Paul Brennan, un journaliste qui couvre le procès.



9h20 : De l'empathie ? Avant de rentrer dans le vif du sujet, les juges cherchent à mesurer l'empathie du tueur. "J'ai choisi d'utiliser un langage technique pour supprimer toutes émotions". "Si j'avais dû utiliser un langage normal, je n'aurais pas pu parler de tout ça", a-t-il déclaré, comme le rapporte Helen Pidd, journaliste au Guardian.



9h15 : "La journée la plus difficile". Breivik devrait aborder la tuerie d'Utoya au risque de choquer l'assistance. "Demain sera probablement la journée la plus difficile", a déclaré jeudi soir Geir Lippestad, son avocat.

9h00 : Ouverture du procès. Breivik est arrivé dans la salle d'audience. Comme hier, il n'a pas fait de salut extrémiste, à la demande de son avocat. 

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