Bras de fer entre la France et le Mexique

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Bras de fer entre la France et le Mexique
Le ton monte entre les autorités mexicaines, dont le président Felipe Calderon, et la France.@ REUTERS
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L’affaire Florence Cassez a déclenché une crise diplomatique entre les deux pays.

La partie d’échecs diplomatique entre la France et le Mexique se poursuit depuis la décision de la justice mexicaine de condamner définitive la Française Florence Cassez, le 10 février, à 60 ans de prison. L’organisation de l’année du Mexique en France est l’objet d’échanges intenses entre les deux pays. Suivez les derniers rebondissements, acte par acte, avec Europe1.fr.

Acte I : l’Année du Mexique dédiée à Florence Cassez

Nicolas Sarkozy a décidé lundi 13 février de maintenir la tenue de l’Année du Mexique en France, malgré les tensions diplomatiques entre les deux pays, liées au refus de Mexico de libérer Florence Cassez. La Française a été définitivement condamnée à 60 ans de prison pour des faits de délinquance organisée qu’elle nie, suite au rejet de son pourvoi en cassation par la justice mexicaine.
Après un entretien à Paris avec les parents de la Française et après avoir parlé "longuement" au téléphone avec la jeune femme, Nicolas Sarkozy annonce que l’Année du Mexique en France sera dédiée à Florence Cassez. Il demande également le transfèrement de la prisonnière en France, pour qu’elle y purge sa peine.

Acte II : la réaction cinglante du gouvernement mexicain

La réponse mexicaine aux propos du président français ne se fait pas attendre. Les autorités mexicaines ont déclaré lundi soir qu’elles n’avaient aucune intention de transférer Florence Cassez en France. "Il est vraiment surprenant qu'un chef d'Etat prenne une décision de politique extérieure affectant les liens entre deux peuples et deux gouvernements en consultant une personne condamnée par la justice mexicaine pour des délits de nature particulièrement grave", a souligné le ministère mexicain des Affaires étrangères.

L'ambassadeur mexicain en France refuse une année du Mexique dédiée à Florence Cassez :

Preuve de son irritation, le gouvernement mexicain a décidé de se retirer de l’Année du Mexique en France. "A la lumière des déclarations du président Sarkozy, le gouvernement du Mexique considère que n'existent pas les conditions pour que l'année du Mexique en France soit menée à bien de manière appropriée", a indiqué le ministère mexicain des Affaires étrangères. Les autorités mexicaines regrettent que cet événement culturel devienne "un hommage à une ravisseuse".

Acte III : les deux parties jouent l’apaisement

L'ambassadeur du Mexique en France a finalement exprimé mardi en milieu de journée, sa volonté de trouver un accord, affirmant que le Mexique était "prêt" à participer à l'Année du Mexique en France, à la condition que les autorités françaises renoncent à la lier à l'affaire Florence Cassez. "Si d'une façon unilatérale et sans consultation on va dédier l'Année du Mexique à une personne qui a été jugée et condamnée pour des délits particulièrement graves, cela va distraire l'objectif de notre année", a-t-il déclaré mardi.

Nicolas Sarkozy a également fait part de son désir de sortir de l’impasse. En déplacement dans la Marne, le chef de l'Etat a affirmé que "la France est déterminée à résoudre le problème humanitaire grave de Florence Cassez". "Pour le reste, il faut garder son sang-froid et obtenir des résultats, c'est ce à quoi je vais m'employer maintenant", a ajouté le président la République, qui doit téléphoner à son homologue mexicain Felipe Calderon pour évoquer le cas de la Française.

Acte IV : la tension reste vive

Malgré les déclarations d'apaisement des deux côtés, la tension reste vive entre la France et le Mexique. Signe de ce climat électrique : l'écrivain mexicain Carlos Fuentes a accusé mardi Nicolas Sarkozy d'utiliser le cas de Florence Cassez pour augmenter sa popularité et d'agir comme un "dictateur de république bananière". Pour continuer à faire entendre leur voix, les parents de Florence Cassez, eux, ont assisté mardi après-midi depuis les tribunes du public à la séance des questions au gouvernement avant une séance photo, qu'ils avaient demandée, en compagnie de quelque 200 députés de tous bords.