Boris Johnson célèbre le 14-Juillet à l'ambassade de France à Londres

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Boris Johnson célèbre le 14-Juillet à l'ambassade de France à Londres
@ AFP
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Tentant de "rassurer" ses amis français, le nouveau ministre des Affaires étrangères britannique a peiné à convaincre. 

Il a choisi la France pour sa première sortie officielle: le nouveau chef de la diplomatie britannique Boris Johnson est venu chanter la Marseillaise jeudi à l'ambassade à Londres, tenant de "rassurer" ses amis français sur son amour de l'Europe.

"Nous ne quittons pas l'Europe, OK ?" Mais l'opération charme, à l'occasion de la réception du 14-Juillet, n'a qu'à moitié réussi. Difficile de convaincre une assistance triée sur le volet, hommes d'affaires, diplomates, acteurs, écrivains... qui ont suivi de près sa campagne pour le Brexit. "Nous ne quittons pas l'Europe, OK? C'est géographiquement, culturellement, émotionnellement et historiquement impossible", a-t-il lancé, applaudi par l'assistance, dans les jardins de la résidence de l'ambassadeur Sylvie Bermann, grandiose demeure crème du XIXème siècle à deux pas du palais de Kensington. "Nous voulons trouver une nouvelle relation avec l'UE, intensifier la coopération et le partenariat entre gouvernements, et nous créer un nouveau rôle global".

Les droits des Français "préservés". Cheveux blonds soigneusement ébouriffés à son habitude, sobre costume bleu marine, l'ex maire de Londres n'a pas résisté à la tentation de faire des blagues, comparant implicitement la prise de la Bastille et "le soulèvement populaire des Sans Culottes contre un Ancien régime bureaucratique au fonctionnement peu démocratique" au vote des Britanniques contre Bruxelles. L'assistance a applaudi lorsqu'il a assuré que "rien dans les mois à venir ne doit porter atteinte au droit des Français et Françaises à vivre dans cette ville". "Leurs droits seront préservés", a-t-il insisté, en s'exprimant en français.

Des spectateurs sceptiques. Mais au bout du compte, son discours a été autant hué qu'applaudi. "Il n'a pas honte de raconter des conneries", s'indignait une dame très bien mise, qui a refusé de donner son nom. "J'ai envie d'avoir un permis de travail ici", a-t-elle expliqué, précisant qu'elle vivait depuis trente ans à Londres. Après les huées, Boris Johnson a dû avaler une autre couleuvre ; rester stoïque et souriant pendant que la secrétaire d'Etat au numérique Axelle Lemaire, de passage à Londres, s'est lancée dans un discours sur les vertus de l'Union européenne, balayant froidement ses blagues.