Bongo aurait alimenté les partis français

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Bongo aurait alimenté les partis français
@ REUTERS
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Les partis politiques auraient profité de sommes détournées par Bongo. Le PS et l'UMP démentent.

Après le Pentagone, après la Maison Blanche ou encore le Moyen-Orient, le site internet Wikileaks s’attaque à la diplomatie africaine. Selon le site de renseignement américain, près de 30 millions d'euros auraient été détournés de la Banque des Etats d'Afrique centrale par le défunt président gabonais Omar Bongo.

Le PS ne se sent "pas concerné" par les accusations

C’est le site espagnol El Pais qui a révélé l’information mercredi. D’après des notes diplomatiques américaines divulguées par Wikileaks, l’argent détourné par Omar Bongo aurait aussi profité à des partis français.

Cette information a été donnée juste après la mort d’Omar Bongo, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la Banque des Etats d'Afrique centrale à un diplomate de l'ambassade américaine au Cameroun, précise le journal espagnol.

Les socialistes ont été les premiers à réagir. Régis Juanico, trésorier du Parti socialiste, a assuré jeudi que son mouvement ne se sentait "en rien concerné" par les notes diplomatiques américaines révélées par Wikileaks. Il a également précisé que "seuls des noms de droite sont cités". Et de conclure : "ça reste à vérifier, mais rien ne vient étayer la véracité de ces affirmations".

Sarkozy et Chirac cités

Selon la source de Wikileaks, "les dirigeants gabonais ont remis une partie de l'argent à des partis politiques français, y compris au président Nicolas Sarkozy". Cette information est bien évidemment à mettre au conditionnel mais elle alimente une nouvelle fois les soupçons de corruption entre Paris et Libreville.

L'argent aurait profité "aux deux camps, mais surtout à droite". Dans cette histoire de détournements de fonds, le document implique aussi directement l’ancien président Jacques Chirac. L'UMP a tenu à démentir ces accusations. Dominique Paillé, le porte-parole du parti présidentiel, a estimé jeudi que ces accusations étaient complètement "fantaisistes".

28 millions d’euros

C’est en fait un audit de la Banque des Etats d'Afrique centrale qui aurait "révélé des malversations liées à la hiérarchie des officiels gabonais", a indiqué le fonctionnaire à l'origine de cette information. "L'enquête interne a montré que 36 millions de dollars (environ 28 millions d'euros) ont été détournés via des chèques à des hauts responsables du Gabon", a expliqué ce haut-fonctionnaire dans les notes diffusés par Wikileaks.

Une incertitude demeure toutefois dans le document révélé. "Cette ambassade n'est pas en mesure de vérifier la véracité de l'accusation selon laquelle des hommes politiques français ont bénéficié du détournement de fonds", conclut dans sa note l'ambassadeur américain au Cameroun Janet Garvey.

"En matière judiciaire, cela ne vaudrait rien"

"Le président Ali Bongo n'a pas détourné d'argent de la banque en question", a réagi Maître Maisonneuve, l'avocat du fils Bongo en France. "On ne peut pas porter de telles accusations sur la base d'un télégramme diplomatique qu'on ne connait pas, qui lui-même s'appuierait sur les dires d'un responsable anonyme de la banque en question. En matière judiciaire, cela ne vaudrait rien", a-t-il ajouté.

En France, une enquête a été ouverte sur le patrimoine de trois présidents africains et de leurs proches, dont Omar Bongo, suite à une plainte déposée par Transparency International, une ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption.