BLOG - La "veuve noire" du web

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LES HISTOIRES D'@ - A 77 ans, Melissa Ann refait parler d'elle. Son mari, le dernier en date, est mort.

Une paisible retraitée, une grand-mère gâteaux ? Avec ses cheveux grisonnants et sa très classique veste bleue, vous ne vous seriez pas retourné si vous aviez croisé dans la rue Melissa Ann. Et vous auriez eu tort de ne pas vous méfier. La presse locale a déjà surnommé cette  septuagénaire canadienne « la veuve noire du web ». Pour en savoir plus, cliquez ici.

Les premières embrouilles de Melissa Ann remonteraient aux années 70, en Ontario. On ne parlait alors que de fraudes. Les affaires vraiment sérieuses débutent, elles, en 1991, près d’Halifax, en Nouvelle-Ecosse, au nord du Canada. Gordon Stewart, le mari de Melissa Ann qui porte alors son nom, meurt un mois seulement après avoir convolé en justes noces. Un accident ? Pas vraiment. L’enquête est longue mais elle finit par conclure que la douce épouse a d’abord drogué la victime avant de lui rouler dessus en voiture. A deux reprises. Elle est reconnue coupable d’homicide involontaire et condamnée à six ans de prison. Elle reste en fait deux ans sous les verrous.

Puis Melissa Ann met le cap au sud. En 2000, elle quitte le climat tourmenté de la Nouvelle-Ecosse pour la chaleur de la Floride. Et se remarie. L’heureux élu s’appelle Robert Friedrich. Il « tient » 14 mois avant de succomber lui aussi. Il n’y a pas d’enquête de police cette fois-ci, le corps de la victime est incinéré au plus vite. Mais entre-temps, son testament a été modifié, ses enfants déshérités, et Melissa Ann récupère au passage un joli magot.

C’est au milieu des années 2000 que la « veuve noire » se lance vraiment sur Internet. Voici sa fiche de présentation sur un site de rencontre :

Elle prend contact avec une vingtaine de maris potentiels, partout sur le territoire américain. Et celle qui n’est pas vraiment une « digital native » finit par rencontrer Alexander Strategos, sur le site AmericanSingles.com. Dès le début de leur relation, la santé de ce senior se dégrade. Il multiplie les séjours à l’hôpital à Tampa, en Floride. Pendant ce temps-là, Melissa Ann lui fait signer des chèques, encore des chèques, toujours des chèques. La police n’arrive pas à prouver qu’il y a eu empoisonnement mais les suspicions sont bien là. Alexander Strategos est plumé mais vivant. Melissa Ann écope cette fois de cinq ans de prison. A sa sortie, elle rentre au Canada.

Mais à 77 ans, l’heure de la retraite n’avait visiblement pas sonné pour cette Canadienne. Elle prend des cours d’alphabétisation… et repart à la recherche de l’âme soeur. C’est la mort d’un vieil homme à l’hôpital de Cape Breton qui a de nouveau donné l’alerte dimanche dernier. Un patient âgé de 75 ans qui se trouvait être le dernier mari de Melissa Ann, Fred Weeks. Leur mariage remontait à quelques jours, pas plus, précise CBC.

Cette fois, ce sont des accusations de meurtre qui pèsent contre elle. « Elle paraissait tranquille, ne sortait pas très souvent, mais était toujours bien habillée », raconte une voisine, citée par The Chronicle Herald. Mais dans la résidence pour seniors où vivait Melissa Ann et son nouvel époux, presque tout le monde connaissait le CV de cette « veuve noire » dont l’histoire était racontée dans un documentaire à succès : « Quand les femmes tuent ».