Betancourt est revenue "différente"

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Betancourt est revenue "différente"
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Juan Carlos Lecompte, l’ex-mari de l’otage des Farc, se confie dans un livre et sur Europe 1.

"Je ne l’accuse de rien, j’accuse la guérilla, j’accuse l’enlèvement. Mon mariage n’a pas pris fin cause d’elle mais à cause de son enlèvement", insiste Juan Carlos Lecompte. Pourtant, l’ex-mari d’Ingrid Betancourt, libérée par les Farc en juillet 2008, ne mâche pas ses mots à propos de celle qu’il a attendue pendant plus de six ans. Ils sont aujourd’hui en instance de divorce. Une histoire que Juan Carlos Lecompte a choisi de raconter dans son livre sous-titré "Une liberté douce-amère".
Avant d’être otage de la guérilla colombienne, Juan Carlos Lecompte décrit Ingrid Betancourt comme une personne "extrêmement chaleureuse, sensible, intègre humaine, très proche".
Mais "lorsqu’elle est revenue, je ne la reconnaissais pas", confie-t-il sur Europe 1 :
Juan Carlos Lecompte reconnaît des circonstances atténuantes à Ingrid Betancourt : "six ans passés à vivre comme des animaux, dans des conditions extrêmement difficiles, dans cette jungle, avec cette menace constante d’être tué pendant une attaque. Je crois que les personnes sont soumises à un stress pendant extrêmement longtemps et que cela peut les changer".
Mais sur ce qu’elle est devenue, il assène sans détours : "je suis tombé amoureux d’elle aussi parce qu’il y avait une volonté de transformer la politique en Colombie. J’aimais sa manière de faire face à la corruption en Colombie et je pensais réellement qu’on pouvait changer les choses, qu’elle était capable de changer les choses en Colombie. Et tout à coup, je vois quelqu’un de très calculateur, qui a une manière de s’exprimer différente". "Je vois une personne différente", conclut-il. Au cours des derniers mois, plusieurs compagnons de captivité d’Ingrid Betancourt, dont sa collaboratrice Clara Rojas, ont décrit en des termes très durs, l’ex-otage.
La dernière fois que Juan Carlos Lecompte a croisé Ingrid Betancourt, c’était le 3 juillet 2008. Sur le tarmac de l’aéroport, devant les photographes, il apparaît au second plan, alors que l’ex-otage est entourée de sa mère, de ses enfants et de son premier mari le Français Fabrice Delloye. Juan Carlos Lecompte vit toujours à Bogota où il essaie de poursuivre sa carrière de publicitaire.
> Ecoutez l’intégralité de l’interview de Juan Carlos Lecompte au micro de Marc-Olivier Fogiel vendredi à 8h35 sur Europe 1.