Belgique : la nouvelle vie d’Albert II

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Belgique : la nouvelle vie d’Albert II
Le roi des Belges Albert II, qui abdiquera dimanche, a consacré pendant 20 ans son énergie à défendre la cohésion d'un royaume.@ Reuters
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AVENIR - A 79 ans, le souverain doit tirer sa révérence le 21 juillet, jour de la fête nationale en Belgique.

L’INFO. Albert II, bon vivant, amateur de bons mots, de grosses cylindrées et de yachting en Méditerranée va avoir un agenda beaucoup plus léger à la fin du mois. Dimanche, lors de la fête nationale, le roi de Belgique  va abdiquer et laisser le trône à son fils Philippe. A quoi va ressembler la nouvelle vie d’Albert II ? Europe1.fr esquisse son "après". 

Encore un rôle au sein de la monarchie ? "On peut s’attendre à ce qu’il se mette en retrait. Il ne va pas répéter l’erreur commise en 1950 par leur père à Baudouin et à lui", assure Christian Laporte, journaliste spécialisé sur la monarchie, interrogé par Europe1.fr. En 1951, quand le roi se retire et laisse le trône à son fils Baudouin, "Léopold III est resté habiter au palais avec sa femme. Il avait un ascendant sur le tout jeune roi. Il y avait deux rois au château de Laeken (le domaine royal, ndlr) pendant dix ans. On n’imagine pas que le roi Albert n’en n’ait pas tiré les conséquences", affirme Christian Laporte.

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roi albert II abdication 930

© Reuters

Une pension de 923.000 euros. Si une partie des apparats de la couronne va disparaître, le deuxième fils de Léopold III et de la reine Astrid ne se retrouvera pas sans le sous. Loin de là. Un comité ministériel restreint vient de trancher sur le montant de sa pension future. Il recevra la même dotation que touche le prince Philippe en tant que prince héritier, soit 923.000 euros par an. Mais il devra payer l’impôt sur les personnes physiques, les accises, la TVA, ce qui représenterait près de 200.000 euros. Dans les cinq ans à venir, les effectifs mis à la disposition d’Albert II, frère du roi Beaudoin mort en 1993, seront réévalués.   

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Le roi des Belges Albert II

© REUTERS

Entre un presbytère et sa maison sur la côte d’Azur. Il n’aura bientôt plus de raisons de se casser la tête sur les tensions entre francophones et néerlandophones, lui qui a été pendant toute sa vie l’un des derniers symboles de l’unité fragile du royaume. Albert va pouvoir prendre du bon temps. Une fois Philippe installé sur le trône, le très catholique Albert II devrait passer une partie de ses vieux jours dans un vieux presbytère, racheté par la reine Paola, rapporte Le Soir. Ce bâtiment est situé à Villers-sur-Lesse, dans ce coin très vert des Ardennes belges. Le roi et la reine étaient des habitués du château de Ciergnon, situé à quelques kilomètres de-là et qui appartient depuis 1903 à la Donation royale. Albert et Paola en seront donc délogés par Philippe et Mathilde, le nouveau couple royal.

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Albert et Paola pourraient également passer davantage de temps en France. Le couple possède une résidence secondaire dans le petit village de Châteauneuf, près de Grasse sur la Côte-d’Azur. Chaque année, ils venaient déjà "plusieurs mois par an", assure le maire Jean-Pierre Maurin, cité par 7sur7. A quelques kilomètres de là, ils possèdent un luxueux yacht à moteurs, l'Alpa (du nom de la première syllabe d’Albert et Paola), estimé à 4,6 millions d'euros, amarré dans le port d'Antibes. Ils ont pour voisins la fille de l'ancien président du Conseil italien, Marina Berlusconi, le comte Spencer (frère de Lady Di) ou l’acteur Richard Attenborough (Jurassic Park) et Michael Apted (Gorilles dans la brume).

En 1995, Albert II et Paola posent pour les photographes à Châteauneuf :

Albert II Paola 930

© Reuters

S’adonner à sa passion : la photographie animalière. Cette semaine, le roi a entamé la dernière ligne droite de sa mise à la retraite. Dans ce cadre, il a reçu à déjeuner les membres du gouvernement fédéral. Comme cadeau d’adieu, ils lui ont offert un… télé-objectif 80-400 d’une valeur de plus de 2.700 euros, rapporte le blog Rue Royale du quotidien Le Soir. Car Albert II a une grande passion : la photographie animalière. Sud Presse nous apprend même que deux jours au mois de juin et d’août 2012, le roi s’est rendu, accompagné de ses gardes du corps et de son médecin personnel, dans le petit village de Chabrehez pour y photographier les blaireaux. "Il va revenir pour les castors. Par contre, quand on lui a demandé s’il voulait photographier les cerfs, il nous a répondu qu’il en avait beaucoup à la maison", déclarait à Sud Presse, un guide de l’époque. Le roi tiendrait sa passion de son père, Léopold III. Son frère Beaudoin avait lui aussi le virus.

Delphine Boël 930

© Max PPP

Albert ne sera plus "protégé". En 1999, le roi a surpris tout le monde en évoquant la longue crise que son couple avait traversée dans les années 1960 et 1970. Il a alors admis à demi-mots l'existence d'un enfant né hors mariage. Mais il n'a jamais reconnu officiellement que Delphine Boël, fille d'une baronne avec qui il avait eu une longue liaison, était cet enfant. Cette dernière, âgée de 45 ans, réclame à présent que sa filiation soit établie par des tests ADN. Jusqu’ici, le statut inviolable du roi empêchait toute vérification. Mais le 21 juillet, Albert II ne sera plus roi. "Il devient un citoyen tout à fait ordinaire confronté à un litige de droit privé", affirme le constitutionnaliste Marc Uyttendaele, interrogé par la RTBF. "La qualité qu'est la sienne, celle d''ex-Roi', ne le protège en rien dans ce débat judiciaire qui le concerne", précise-t-il. Albert II redeviendra donc pénalement responsable de ses actes.

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Privilégier sa santé. C’est l’un des principaux motifs de son abdication. Âgé de 79 ans, le souverain a va enfin pouvoir privilégier sa santé car les "pépins" se sont accumulés ces dernières années. En 2011, en pleine négociation autour de la formation du gouvernement fédéral, Albert II avait subi une intervention chirurgicale au nez pour le traitement d'un "epithelioma basocellulaire", une forme de cancer de la peau.

En 2008, Albert II avait été opéré avec succès de la cataracte à l'œil droit :

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© Reuters

Fin juin 2007, Albert se fracture le col du fémur après une chute survenue au château de Laeken. Bilan : dix jours d’hospitalisation. En 2000, il a dû subir pas moins de deux interventions en peu de temps : une intervention neurochirurgicale au niveau de la colonne vertébrale puis un quadruple pontage coronarien. Après tout ça, Albert II le dit lui-même : "mon âge et ma santé ne me permettent plus d'exercer ma fonction comme je le voudrais".