Battisti en grève de la faim au Brésil

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Battisti en grève de la faim au Brésil
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L'ancien activiste italien d'extrême gauche entend ainsi protester contre une éventuelle extradition vers son pays d’origine.

Cesare Battisti est prêt à tout pour ne pas retourner en Italie. L’ancien activiste d'extrême gauche a entamé une grève de la faim dans une prison brésilienne pour protester contre sa possible extradition vers son pays natal, où il a été reconnu coupable de quatre meurtres, alors qu’il n’a jamais cessé de clamer son innocence.

La Cour suprême du Brésil doit, dans les prochains jours, prendre une décision finale sur la demande italienne d'extradition de Cesare Battisti. Les juges sont actuellement divisés, quatre y étant favorables et quatre y étant opposés, et dans ce cas, c'est l'avis du président de la Cour qui doit trancher.

Cesare Battisti a remis au sénateur brésilien José Nery une lettre adressée au président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva dans laquelle il dit prêt à aller jusqu’au bout. "Je suis prêt à mourir si je dois le faire, mais jamais aux mains de mes bourreaux", écrit le terroriste devenu auteur de romans dans sa missive.

En visite à Paris, Lula, qui sera dans les prochains jours à Rome, a refusé de dire ce qu'il ferait si la Cour suprême optait pour l'extradition. "Moi, si j'étais Battisti, je ne commencerais pas une grève de la faim", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune avec Nicolas Sarkozy. "Moi, j'ai fait une grève de la faim (...) de six jours. Je ne le recommande à personne. (…) Le président de la République du Brésil peut faire peu de choses lorsque la décision est aux mains de la Cour suprême. (...) Je dois attendre cette décision pour savoir s'il y a quelque chose que le président de la République puisse faire."

Cesare Battisti a été condamné à la prison à vie en 1981 par la justice italienne, qui l’a reconnue coupable de quatre meurtres perpétrés dans les années 1970. Après s’être évadé, toujours en 1981, il a gagné la France, puis le Mexique, puis à nouveau l’Hexagone quand le nouveau président François Mitterrand offrit l'immunité aux activistes italiens renonçant à la violence. Mais en 2006, la France a approuvé son extradition. Cesare Battisti s’est alors enfui vers le Brésil, où il a finalement été arrêté le 18 mars 2007.