Avion disparu : la piste de "l'action délibérée" revient

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Avion disparu : la piste de "l'action délibérée" revient
@ REUTERS
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MYSTÈRE - Plusieurs théories sont avancées pour expliquer la disparition du vol MH370. Les enquêteurs s'intéressent particulièrement au pilote.

L’INFO. Enfin une piste sérieuse une semaine après la disparition mystérieuse du Boeing avec 239 personnes à bord ? Les systèmes de communication du vol MH370 ont été désactivés et son changement de cap suivi d’un vol de plusieurs heures sont "cohérents avec une action délibérée de quelqu'un à l'intérieur de l'avion", a annoncé samedi la Malaisie. Alors que les enquêteurs ont, par conséquent, déplacé leur enquête sur l'équipage et les passagers", voici les scénarios possibles.

Un acte de terrorisme ?

C’est la première piste qui avait été envisagée lorsqu'on avait appris que deux Iraniens étaient à bord avec des passeports volés. On sait désormais que ces deux hommes étaient, en fait, des clandestins, aspirant à vivre en Europe.

Si, toutefois, l’avion avait bien été détourné par des terroristes, cela signalerait un niveau de préparation sans précédent, l’avion ayant volé pendant plusieurs heures en évitant d'être détecté. Reste que l’absence de revendication, depuis une semaine, et pour un événement d’une telle ampleur, ne va pas dans le sens de cette piste. A moins que la visée terroriste n'intervienne dans un second temps après un atterrissage secret "à la James Bond" (voir ci-après : un détournement pour un futur "missile de croisière"?)

Une carte montrant jusqu'où le Boeing a pu voler :



Un atterrissage secret "à la James Bond" ?

L'absence de débris ainsi que les sept heures de vol après la disparition des écrans radars civils ouvrent la voie à un scénario digne d’un film de James Bond : l'avion pourrait, en effet, avoir atterri et être, depuis, dissimulé dans un endroit reculé.

"L’avion a pu aller jusqu'à la frontière de l’Afghanistan et du Turkménistan. Dans ces immenses régions désertiques, un atterrissage en pleine nuit sur une piste de fortune peut facilement passer inaperçu", estime Bernard Chabbert, le consultant aéronautique d’Europe1.

Les endroits où le Boeing aurait pu atterrir selon WNYC Data Team :



Un détournement pour un nouveau "11-septembre"?

Le Boeing pourrait avoir été détourné et caché pour servir plus tard de "missile de croisière", a déclaré dimanche le président de la commission de Sécurité Intérieure à la Chambre des représentants américaine, Michael McCaul. Selon lui les autorités américaines sont soucieuses à l'idée que l'avion ait pu atterrir quelque part pour être caché et ensuite réutilisé comme une puissante arme de destruction "comme l'ont fait les terroristes du 11-Septembre".

Un incendie à bord ?

L’arrêt - à 14 minutes d’intervalle - du système d'enregistrement des données et du transpondeur fait penser à une désactivation manuelle des deux systèmes. Ce qui écarte, a priori, toute explosion ou dysfonctionnement en cours de vol.

Mais, d’après un analyste dans le secteur de l'aviation, "un laps de temps entre deux arrêts ne signifie pas que la désactivation a été volontaire" et en cas d’incendie dans le cockpit, les systèmes peuvent s'arrêter l'un après l'autre. Cependant, les enquêteurs ne privilégient clairement pas ce scénario et se concentre sur le profil des pilotes.

Le pilote impliqué ?

Le transpondeur, qui transmet vitesse et localisation d'un avion, a été désactivé au moment où l'appareil a atteint sa vitesse de croisière, selon les analystes. C'est aussi le moment où un des deux pilotes prend une pause et sort du cockpit.

Que les systèmes de communication aient été désactivés par le ou les pilotes, intentionnellement ou sous le coup d'un énorme stress, est possible. Les pilotes peuvent aussi avoir été obligés de changer de trajectoire et de couper les transpondeurs, sous la menace de terroristes.

Le vol MH370 était sous le commandement du pilote Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, assisté de son copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans. Le premier, pilote vétéran de l’aviation, était un passionné de technique. Il avait mis au point chez lui un simulateur de vol, ce qui n’a rien de compromettant a priori.

Ce qui l’est plus, selon un responsable en charge des recherches en Malaisie, c’est qu’il avait appris à éviter les radars civils. Les enquêteurs ont passé deux heures à son domicile samedi. Il est clairement au centre de l'attention des enquêteurs.

"De ce que je sais, avec toutes les informations dont on m'a fait part à haut niveau, par le biais du département de sécurité intérieure, le centre national de contre-terrorisme, la communauté du renseignement, il y a quelque chose avec le pilote", a déclaré dimanche Michael McCaul, le président de la commission de Sécurité Intérieure à la Chambre des représentants américaine. "Toutes les pistes mènent au cockpit, avec le pilote lui-même et le copilote", a-t-il dit sans pouvoir donner d'autres précisions.



Un suicide du pilote ?

Les statistiques ne penchent pas pour cette option : les accidents aériens mortels causés par un suicide du pilote représentent moins de 0,5% des accidents selon l'agence américaine de l'aviation civile.

Aucun indice allant dans le sens d'une instabilité psychologique du pilote ou du copilote n'a émergé depuis une semaine.

Une conspiration ?

L'avion a-t-il pu être abattu par un missile ou un avion militaire ? Impossible de le dire.

La lenteur des autorités malaisiennes à révéler des données clé sur les contacts satellite et radar poussent certains à penser que les pays de la zone connaissaient le trajet suivi par l'avion mais ne voulaient rien dire, par peur de dévoiler trop d'éléments sur leur sécurité et leur défense.

 

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