Autorité palestinienne : Mahmoud Abbas passe la main

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Autorité palestinienne : Mahmoud Abbas passe la main
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L’actuel président de l’Autorité palestinienne a annoncé jeudi qu’il ne souhaitait pas se présenter à la prochaine élection.

"Ce n'est pas une manoeuvre. J'espère que tout le monde comprendra cette décision et je vais m'efforcer de la faire comprendre". Jeudi soir, lors d'une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie, Mahmoud Abbas a confirmé qu’il ne souhaitait pas se présenter à l'élection présidentielle du 24 janvier prochain. L’actuel président de l’Autorité palestinienne avait pourtant lui-même décidé d’organiser ce scrutin en l'absence d'accord de réconciliation avec le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

Mahmoud Abbas, 74 ans, a assuré que sa décision était prise et qu’elle ne ferait plus l’objet de débat. Elle suscite pourtant de fortes réticences au sein de l’OLP, l’organisation politique fondée par Yasser Arafat. Ses principaux membres ont fait savoir, par la voix de leur secrétaire général, qu’ils continuaient malgré tout à soutenir la candidature de Mahmoud Abbas.

Dès le 27 octobre dernier, Mahmoud Abbas avait fait savoir à Barack Obama qu’il envisageait de se retirer, si la communauté internationale n’obtenait pas d'Israël un gel de la colonisation. La lassitude pourrait finalement l’avoir emporté. La Maison Blanche a salué jeudi soir dans le dirigeant palestinien un "vrai partenaire" des Etats-Unis. Tout en se gardant bien de se prononcer sur les conséquences de sa décision pour un processus de paix plus que jamais au point mort.

Mahmoud Abbas n’aura d'ailleurs jamais vraiment réussi à faire avancer les discussions avec Israël. Elu triomphalement président de l’Autorité palestinienne le 9 janvier 2005, après la mort de Yasser Arafat, il a dû composer dès janvier 2006 avec le Hamas, vainqueur des élections législatives. Il a aussi assisté, impuissant, à la guerre menée par l’Etat hébreu en décembre 2008 et janvier 2009 dans la bande de Gaza. Et l’élection récente de Benjamin Netanyahou à la tête d’Israël n’a rien arrangé, le nouveau premier ministre refusant catégoriquement de geler les colonisations à Jérusalem et en Cisjordanie.