Autisme, schizophrénie : l'âge du père pèse lourd

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Autisme, schizophrénie : l'âge du père pèse lourd
97,1% des nouvelles mutations spontanées dues à l'âge sont attribuables au père.
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Une paternité sur le tard peut aussi engendrer des problèmes de santé pour l'enfant.

Les femmes sont largement mises en garde : avoir un enfant sur le tard n'est pas sans risques pour sa progéniture. Mais quid des hommes ? Beaucoup moins sensibilisés sur la question de la paternité tardive, leur âge est pourtant loin d'être sans impact sur la santé de leur enfant comme l'établit une étude publiée mercredi dans la revue scientifique britannique Nature.

Des mutations du génome

Troubles autistiques, schizophrénie… selon l'étude, plus les hommes sont âgés au moment de la procréation, plus le génome qu'ils transmettent à leur enfant comporte de mutations spontanées, dont certaines passent pour être impliquées dans des troubles graves.

Pour chaque année supplémentaire du père à la naissance, environ deux mutations spontanées de plus sont observées chez l'enfant, selon Kari Stefansson, l'un des auteurs de l'étude réalisée sur le génome complet de 78 enfants atteints de troubles autistiques ou de schizophrénie et de leurs deux parents.

Le génome d'un nouveau-né contient en moyenne 60 mutations spontanées, dont 15 "transmises" par la mère et le reste par le père, en fonction de son âge - 25 mutations pour un homme de 20 ans et 65 pour un homme de quarante ans - selon l'étude islandaise.

Un impact aussi sur les malformations

"Nous avons été surpris de découvrir que l'âge du père était extrêmement important", avec 97,1% des nouvelles mutations spontanées dues à l'âge dans un couple attribuables au père, précise Kari Stefansson.

Au delà de l'autisme et de la schizophrénie, l'âge du père est également soupçonné de jouer un rôle dans certaines malformations osseuses, cardiaques ou rénales.