Australie : les binationaux liés au terrorisme déchus de leur nationalité

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Australie : les binationaux liés au terrorisme déchus de leur nationalité
Le ministre australien de l'Intérieur George Brandis.@ HO / PRIME MINISTER OFFICE / AFP
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Un binational, condamné pour terrorisme à au moins six ans de prison, pourra perdre sa nationalité australienne et être expulsé du pays.

L'Australie a adopté une loi permettant de déchoir de leur nationalité les binationaux impliqués dans des activités à caractère terroriste. Un texte qui risque de créer, selon ses détracteurs, "deux catégories de citoyens". Le ministre australien de la Justice George Brandis s'est félicité du vote par le Parlement intervenu jeudi de cette nouvelle législation.

Eviter les retours des terroristes ou les expulser. "Cette loi permettra de déchoir les binationaux de leur nationalité australienne s'ils sont impliqués dans des activités terroristes à l'étranger ou condamnés en Australie pour des infractions en lien avec le terrorisme", a expliqué George Brandis vendredi. "Elle permettra aussi d'éviter le retour des terroristes binationaux en Australie et l'éviction des binationaux impliqués en Australie dans des faits liés au terrorisme." George Brandis a jugé cette réforme impérative vu le niveau de la menace terroriste en Australie et ailleurs dans le monde.

110 djihadistes australiens en Syrie et en Irak. L'Australie estime à environ 110 le nombre de ses citoyens actuellement engagés en Syrie ou en Irak dans des groupes djihadistes comme l'organisation Etat islamique. Au moins 45 y ont trouvé la mort. George Brandis a concédé que le champs d'application de la nouvelle loi, qui ne laissera personne apatride, était limité, puisqu'elle ne vise en Australie que les personnes condamnées à au moins six ans d'emprisonnement pour des infractions à caractère terroriste. Les binationaux combattant dans les "groupes terroristes" à l'étranger peuvent également tomber sous le coup de cette loi. 

Pris en charge par leur deuxième pays. George Brandis a expliqué que les personnes déchues de leur nationalité seraient remises au gouvernement de l'Etat de leur autre nationalité : "Ce sera à ce gouvernement de les gérer et de prendre les mesures qu'il jugera nécessaire conformément au droit local." Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme se sont insurgées contre cette loi qui vient créer "deux catégories de citoyens" : ceux qui peuvent perdre leur nationalité en raison de leur double nationalité et les autres.