Gaza : après une semaine de frappes, la fuite des civils

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Gaza : après une semaine de frappes, la fuite des civils
@ Reuters
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 REPORTAGE E1 - Les Gazaouis du nord fuient leurs villes et villages, effrayés par la possible intervention terrestre israélienne.

Ils ont tout quitté. Les voitures sont surchargées de matelas, bidons d’eau et couvertures, mais pourtant, ils ont tout laissé derrière eux. Forcés de quitter leur maison, leur vie, les palestiniens du nord de la bande de Gaza se sont lancés dans une fuite en avant. Sans savoir où elle va les mener. Ils ont fui, comme Yacoub, qui décharge sa voiture, ses enfants encore serrés sur la banquette arrière : "J’ai juste pris de quoi survivre", explique ce père de famille, poussé à l’exode par la peur de voir les drames de 2009 se reproduire. Tsahal était alors rentrée dans le nord de la bande de Gaza. Les habitants étaient restés. Beaucoup avaient été tués.

>>> Regardez le diaporama sonore du reportage sur place à Gaza



A Gaza, la fuite en avant des civilspar Europe1fr

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Les lieux d’accueil sont déjà pleins. Cinq ans plus tard, la population craint de voir les mêmes scènes se reproduire et a donc quitté en masse la région. En quelques heures, 1.300 personnes ont investi cette école où Siria s’est installée à même le sol, avec son bébé.



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Fuite en pleine nuit. "On est partis de chez nous à deux heures du matin, sans rien, sans vêtements, sans eau et sans lait pour mon bébé. On a reçu un message de l’armée israélienne et puis on est partis tout de suite", explique-t-elle au micro d’Europe 1.

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"On va mourir là-bas".  L’armée israélienne a en effet lâché des tracts au-dessus des villes pour prévenir d’une possible intervention.



Mais avec cet exode massif, les centres d’accueil improvisés commencent à être engorgés. Commence pour les derniers arrivés un long périple à la recherche d’un lit, d’un toit où s’arrêter. Une quête rendue plus pénible encore par l’angoisse de tout quitter, la peur de ne pas trouver de refuge. De devoir rentrer chez soi. "On va mourir là-bas", se lamentent plusieurs personnes arrivées trop tard pour trouver une place dans l’école où s’est installée Siria.    

Au milieu du marasme, seuls les enfants continuent à jouer, comme si de rien n’était. Sous les yeux de leurs parents qui espèrent ne pas les voir perdre trop tôt leur innocence.