Au moins huit morts lors de manifestations à Téhéran

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Au moins huit morts lors de manifestations à Téhéran
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Le bilan des affrontements lors des manifestations contre Ahmadinejad dimanche est difficile à évaluer.

Quatre, cinq, puis même quinze morts ont été annoncés par les autorités. Le dernier bilan des affrontements, dimanche à Téhéran, entre opposants au président iranien Mahmoud Ahmadinejad et forces de l'ordre, fait état de huit morts, selon la chaîne en anglais de la télévision d'Etat Press-TV, qui cite le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC). L'opposition a de son côté recensé cinq morts à Téhéran, dont quatre tués par balles. Ce chiffre semble avoir été admis par les autorités qui ont toutefois récusé toute responsabilité de la police.

Cette mobilisation de l'opposition a été la plus massive et la plus sanglante depuis les grandes manifestations qui avaient suivi la réélection contestée d'Ahmadinejad en juin. Au lendemain de cette nouvelle vague de contestation, plusieurs personnalités proches du pouvoir ont appelé à une intensification de la répression contre l'opposition et, selon le site des parlementaires d'opposition Parlemannews.ir, cinq personnalités de l'opposition ont été interpellées.

Des policiers ont arrêté lundi matin deux proches de l'ancien président réformateur Mohammad Khatami, ainsi que trois des principaux conseillers de l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, l'un des leaders de l'opposition, et ancien rival malheureux de Ahmadinejad depuis à l'élection présidentielle de juin. "Le moment est venu de convoquer devant la justice les chefs du mouvement hypocrite et de la conspiration, notamment Moussavi", a déclaré le chef de la Commission de la justice du parlement.

Le neveu de Mir Hossein Moussavi fait d'ailleurs partie des victimes de la répressioin. Il aurait été tué d'une balle dans la région du coeur, selon Parlemannews.ir.

Les manifestations de dimanche se sont toutes déroulées sur la grande avenue Enghelab traversant la capitale d'est en ouest sur une dizaine de kilomètres. C'était le théâtre des grands rassemblements de juin contre le président Ahmadinejad.

Des dizaines de milliers de manifestants ont envahi simultanément différents points de cette avenue, prenant parfois les forces de l'ordre par surprise. Pour pouvoir se rassembler rapidement, les opposants ont profité de l'affluence liée aux nombreuses cérémonies de l'Achoura, journée de deuil religieux commémorant le martyre de l'imam Hossein, figure centrale du chiisme.