Au moins 66 morts en Tunisie

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Au moins 66 morts en Tunisie
Une nuit de contestation a laissé des traces à Tunis.@ REUTERS
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Le mouvement de colère a gagné jeudi des villes plus touristiques, comme Hammamet.

La Tunisie a vécu jeudi une nouvelle journée de violence, marquée par des manifestations dans plusieurs villes du pays, notamment à Tunis, la capitale, mais aussi à Hammamet, une cité balnéaire très touristique. Les Etats-Unis conseillent d'ailleurs depuis jeudi soir à leurs ressortissants de reporter leur voyage dans ce pays du Maghreb.

A Soliman, une ville côtière située à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tunis, des témoins ont fait état de la mort de deux jeunes gens tués par des policiers lors d'affrontements devant un commissariat de police. Dans la ville de Sidi Bouzid, d'où sont partis les troubles, plusieurs milliers de personnes auraient défilé dans les rues.

Huit victimes en une nuit

A Tunis, des tirs ont été signalés jeudi dans le centre de la ville et la police avait fermé les accès à un secteur de la capitale d'où s'élève une fumée noire. Des blindés de la police ont remplacé ceux de l'armée sur l'avenue centrale Habib Bourguiba et sur la place Barcelone. Des dispositifs de sécurité renforcés ont été positionnés sur la route conduisant au palais présidentiel à Carthage, interdite à la circulation automobile.

La présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme a affirmé depuis Paris détenir une liste nominative de 66 personnes tuées depuis le début des troubles mi-décembre, dont huit dans la seule nuit de mercredi à jeudi dans la banlieue de Tunis. L'Organisation Mondiale Contre la Torture a indiqué pour sa part avoir reçu des informations faisant état "d’exécutions sommaires lors de raids nocturnes" dans plusieurs villes de Tunisie.

La tension reste très vive

Le couvre-feu illimité imposé depuis la veille n’avait pas été respecté dans la nuit de mercredi à jeudi et des affrontements entre jeunes et policiers avaient été constatés dans deux quartiers de la périphérie de Tunis.

Sur le campus universitaire de Tunis, des enseignants se sont rassemblés jeudi pour protester contre l'"assassinat" de Hatem Bettahar, un professeur franco-tunisien qui avait exercé à l'Université de Compiègne. Il a été tué par des tirs de la police mercredi à Douz (sud).

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