Au Brésil, les femmes provocantes "méritent" d'être violées

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Au Brésil, les femmes provocantes "méritent" d'être violées
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SCANDALE - Un sondage contestable est arrivé à cette conclusion. Depuis, les réseaux sociaux se déchainent.

L'info. Il ne s'agit que d'un sondage, qui plus est mené auprès de seulement 3.810 personnes des deux sexes. Mais ses résultats ont mis le feu aux poudres, et pour cause : selon ce sondage de l'Institut d'enquête économique du gouvernement (IPEA), 65,1% des personnes interrogées ont acquiescé à cette affirmation: "les femmes portant des vêtements qui laissent voir leur corps méritent d'être violées".

Dans la même veine, 58,5% des sondés considèrent que "si les femmes se comportaient mieux, il y aurait moins de viols". Depuis, les réactions indignées pleuvent. A commencer par celle de la présidente du pays, Dilma Roussef, qui a estimé sur son compte Twitter que l'étude démontrait que "la société brésilienne a beaucoup de progrès à faire et a appelé "le gouvernement et la société à travailler ensemble contre la violence contre les femmes".

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Une triste réalité. Le résultat de ce sondage est d'autant plus choquant que les violences sexuelles restent un problème majeur de la société brésilienne. "Rappelons que dans l’'État de Rio de Janeiro, 16 viols par jour en moyenne ont été recensés en 2012. Et de janvier à juin 2012, 5 312 personnes ont été victimes de violences sexuelles dans le pays, selon les chiffres du ministère de la Santé", soulignait le magazine Elle en janvier 2013. Sans oublier les victimes qui n'osent ou ne peuvent pas porter plainte.

Les réseaux sociaux se déchainent. La publication de ce sondage a provoqué une levée de boucliers de citoyens et d'activistes, qui ont multiplié sur les réseaux sociaux les condamnations face à cette idée consistant à attribuer à la femme la responsabilité des violences sexuelles. Avec une méthode de prédilection : poster une photographie de soi en tenue légère, le tout accompagné du message suivant : "non, je ne mérite pas d'être violée".



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