Attention au lait maternel sur Facebook

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Attention au lait maternel sur Facebook
@ MAX PPP
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Les autorités sanitaires mettent en garde contre un réseau d’échange de lait maternel non contrôlé.

"J’ai environ 60 onces (1,8 litre) de lait maternel congelé à donner. J’habite à San José en Californie. Tenez-moi au courant si vous êtes intéressés", écrit Jacqueline. "Un bébé né à 28 semaines de grossesse a besoin de lait, quelqu’un peut-il aider ce mignon petit garçon ?", demande Amber.

Absence de contrôles

Ces deux femmes, comme des milliers d’autres, ont posté leur demande sur la page Facebook du "Réseau global du lait humain pour des bébés humains" ("Human milk for human babies global network"), qui propose de mettre en contact, via Facebook, des mères donneuses souhaitant offrir leur lait et des mères ne parvenant pas à allaiter suffisamment leur enfant.

A première vue, l’initiative est louable. Sauf qu’elle n’a rien de sécurisée d’un point de vue médical. D’où la mise en garde vendredi l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). "Aucun contrôle n'étant exercé a priori sur la donneuse lorsque le don est effectué en dehors des lactariums, le lait présente un risque pour l'enfant", a ainsi alerté l'Afssaps, mettant "vivement en garde" les mamans n’ayant pas assez de lait maternel pour leur enfant, sur le risque de transmission possibles d’agents infectieux via ce don de lait.

VIH et hépatites

Et la liste des risques fait froid dans le dos : des virus, transmissibles par le lait maternel, peuvent être présents, notamment le sida, le virus T-lymphotrophique (HTLV), les virus des hépatites et celui de la rubéole. En outre, les bactéries en cause peuvent provoquer des septicémies et des méningites chez le nouveau-né si ces germes sont ingérés en quantité importante dans le lait maternel, a avertit l’Afssaps.

Ces risques sont par ailleurs alimentés par les conditions de transport et de conservation du lait : elles ne sont pas encadrées et peuvent conduire à une dégradation du produit et un développement bactérien. L’Afssaps a précisé que la responsabilité de réseau pouvait être engagée en cas de contamination. Ce qui ne compensera pas les conséquences d’une maladie… Prudence, donc.