Attentats en Turquie: qui est responsable

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Attentats en Turquie: qui est responsable
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Le Premier ministre turc accuse la Syrie d'entraîner le pays dans un "scénario catastrophe".

L'INFO. Au lendemain du double attentat qui a fait 46 morts dans la ville de Reyhanli, près de la Syrie, neuf personnes ont été interpellées dimanche. Ankara a attribué la responsabilité de ces attaques au régime de Damas qui a démenti toute implication. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche que le régime syrien tentait d'entraîner la Turquie dans un "scénario catastrophe".

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Des suspects proche de la Syrie ? Le vice-premier ministre turc, Besir Atalay a annoncé que ces neuf personnes, toutes de nationalité turque, appartenaient à "une organisation terroriste en contact avec les services de renseignement syrien", ajoutant que certaines avaient fait des "aveux".  De son côté, le ministre de l'Intérieur, Muammer Güler avait affirmé dès samedi soir que les responsables de l'explosion de deux véhicules bourrés d'explosifs devant la mairie et la poste centrale de Reyhanli, une ville de 60.000 habitants où vivent de nombreux réfugiés syriens, étaient "liés à des organisations soutenant le régime syrien et ses services de renseignement".

Dimanche, Muammer Güler s'est refusé à en dire plus sur l'identité des suspects et la nature de leur groupe, mais il a indiqué qu'il s'agissait d'activistes "dont on connaît les noms et les activités" et leurs "contacts étroits" avec le régime syrien. "Nous avons identifié ceux qui étaient les organisateurs, ceux qui ont effectué des reconnaissances, ceux qui ont déposé les véhicules", a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu a quant à lui indiqué que les auteurs de l'attentat de Reyhanli, ville de la province de Hatay où se trouvent de nombreux réfugiés syriens, étaient également responsables de celui de qui a fait 62 morts il y a une semaine à Banias, une enclave sunnite en pays alaouite. "Cet attentat n'a rien à voir avec les réfugiés syriens présents en Turquie, il a tout à voir avec le régime syrien", a-t-il assuré à la chaîne de télévision turque TRT.

La piste d'un groupe clandestin de gauche ? Plusieurs journaux turcs ont évoqué dimanche la piste d'un groupuscule clandestin turc de gauche, les Acilciler, dont le chef Mihraç Ural aurait trouvé refuge en Syrie à la fin des années 1970. Le quotidien pro-gouvernemental Sabah a rapporté lundi dernier que Mihraç Ural avait participé récemment à des exactions contre la population dans le nord-ouest de la Syrie.

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Qu'en pense la Syrie ? De son côté, le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi a rejeté dimanche ces accusations, affirmant que "la Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas". Omrane al-Zohbi a renvoyé la responsabilité du double attentat au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

"Nous avons été attristés par la mort de martyrs", a ajouté le ministre. "Ce sont nos frères", a-t-il indiqué. "C'est (le Premier ministre turc Recep Tayyip) Erdogan qui doit être questionné sur cet acte (...). Lui et son parti en assument la responsabilité directe", a poursuivi Omrane al-Zohbi. "Il doit démissionner en tant qu'assassin, il ne peut pas bâtir sa gloire sur le sang des Turcs et des Syriens".

"Pourquoi ces attentats quelques jours avant la rencontre entre Erdogan et (le président américain Barack) Obama? Lui (Erdogan) dont le pays est membre de l'Otan, veut-il inciter les Etats-Unis (à une intervention en Syrie) en lui disant que son pays est attaqué?", a lancé le ministre Zohbi.