Attentats de Bruxelles : fin des travaux de la commission d'enquête parlementaire

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Attentats de Bruxelles : fin des travaux de la commission d'enquête parlementaire
Le rapport devait être voté à l'unanimité par les députés réunis en séance plénière au Parlement, jeudi soir. @ AFP
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La commission d'enquête parlementaire recommande notamment le renforcement de la présence d'agents du renseignement dans des pays jugés "cruciaux" pour la traque des terroristes. 

La commission d'enquête parlementaire sur les attentats de mars 2016 à Bruxelles a officiellement mis fin à ses travaux jeudi, en présentant une série de recommandations sur la lutte antiterroriste, le fonctionnement des secours ou la pratique de l'islam en Belgique. Est notamment prôné un renforcement de la présence d'officiers du renseignement (Sûreté de l'État) ou de la police belge dans des pays jugés "cruciaux" pour la traque des terroristes comme la Turquie, selon un document synthétisant un rapport d'un millier de pages.

Le rapport, qui s'appuie sur les témoignages de 200 personnes, aborde quelques ratés reprochés aux autorités belges dans la surveillance des djihadistes de la cellule franco-belge qui ont semé la mort à Paris (130 morts le 13 novembre 2015) et Bruxelles (22 morts le 22 mars 2016). Ces attaques ont été en grande partie préparées depuis la Belgique. "Les services belges ont procédé correctement en ce qui concerne le contrôle de Salah Abdeslam à la frontière à Cambrai (nord de la France), contrairement à ce que la commission d'enquête française a affirmé", lit-on ainsi dans le document.

Le 14 novembre 2015, Salah Abdeslam, seul survivant des commandos ayant attaqué Paris, avait été contrôlé par des gendarmes français sur l'autoroute avant de franchir la frontière belge. Lui et ses convoyeurs avaient pu rapidement reprendre la route, et les deux pays voisins s'étaient ensuite reprochés mutuellement une mauvaise transmission d'informations concernant des personnes fichées.

Une concession accordée l'Arabie saoudite pour la Grande mosquée rompue. En amont et pendant les enquêtes sur les attentats, "on sait que l'information a beaucoup trop peu circulé, que certaines personnes avaient des informations, que ces informations n'ont pas été prises au sérieux, qu'elles n'ont pas été traitées à temps", a reconnu jeudi sur la chaîne publique RTBF Georges Dallemagne, vice-président de la commission d'enquête. "Voilà un domaine dans lequel il y aura des avancées substantielles dans les semaines et mois qui viennent", a-t-il assuré. La commission a aussi examiné à la loupe la pratique de l'islam en Belgique. Le rapport recommande de rompre la concession accordée à l'Arabie saoudite pour la Grande mosquée de Bruxelles et préconise que les imams en exercice apprennent au moins l'une des langues nationales du pays (néerlandais, français et allemand).

Le Parlement souhaite la création d'une commission de suivi. Le rapport devait être voté à l'unanimité par les députés réunis en séance plénière à la Chambre (parlement) jeudi soir. Il souhaite la création d'une commission de suivi pour contrôler la mise en oeuvre des recommandations par le gouvernement. Le 10 octobre, le Premier ministre Charles Michel avait assuré que son gouvernement "suiv(ai)t attentivement les propositions de la commission d'enquête". Elles seront analysées "rapidement et minutieusement", avait-il promis en juin.