Tsarnaev : une condamnation à mort et des excuses

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Tsarnaev : une condamnation à mort et des excuses
Djokhar Tsarnaev a présenté des "excuses" aux victimes des attentats de Boston.@ -- / US DEPARTMENT OF JUSTICE / AFP
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Djokhar Tsarnaev, condamné à mort pour les attentats de Boston, a présenté ses excuses aux victimes et aux survivants.

C'est la première fois qu'il demande pardon. Djokhar Tsarnaev, l'auteur des attentats de Boston, condamné à mort, a présenté "des excuses aux victimes, aux survivants" mercredi, lors d'une audience chargée d'émotion.

"Je suis désolé pour les vies que j'ai prises". Juste avant que le juge fédéral ne lui impose formellement la peine de mort, décidée le 15 mai, le jeune homme de 21 ans a prononcé ces quelques mots d'une voix calme, en anglais teinté d'un léger accent russe. "Je suis désolé pour les vies que j'ai prises, pour les souffrances que j'ai créées, pour les dégâts que j'ai commis", a-t-il ajouté, indiquant aussi qu'il espérait la miséricorde d'Allah pour lui, son frère et sa famille. 

Debout dans une salle d'audience complètement silencieuse, il a aussi salué "la force, la patiente et la dignité" des victimes dont il a, dit-il, appris à connaître le nom pendant son procès. "Je suis musulman, ma religion est l'islam. Je prie pour qu'Allah ait pitié des décédés dans ces attentats", a affirmé Djokhar Tsarnaev, qui s'exprimait publiquement pour la première fois depuis les attentats du 15 avril 2013, qui ont fait trois morts et 264 blessés près de la ligne d'arrivée du marathon de Boston.

"Tu ne feras plus de mal à personne". Pendant l'audience, 24 victimes ont en outre raconté leurs souffrances et leur vie, changée à jamais depuis les attentats. Plusieurs se sont adressés directement à Djokhar Tsarnaev. "Ce que tu as fait à ma fille était répugnant", lui a ainsi lancé la mère de Krystle Campbell, 29 ans, tuée dans les attentats. "Au moins, tu ne feras plus de mal à personne", a ajouté le père de la victime.

Une autre victime, Elizabeth Bourgault, a qualifié Djokhar Tsarnaev de "lâche" et exprimé l'espoir qu'il soit à jamais "hanté" par ses actes". "Il aurait pu arrêter son frère", Tamerlan, tué lors d'une confrontation avec la police après les attentats, a de son côté souligné Bill Richard, le père de Martin Richard, 8 ans, la plus jeune victime tuée. "Il aurait pu parler à la police. Mais il n'a rien fait pour éviter ça. Il a choisi la haine, la destruction, la mort", a-t-il déclaré, rappelant qu'il aurait préféré que Djokhar Tsarnaev écope de la réclusion à perpétuité, pour qu'il ait le temps de "se réconcilier" avec ce qu'il a fait.