Attentats : Comment la France a mis la main sur Reda Kriket

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Attentats : Comment la France a mis la main sur Reda Kriket
Réda Kriket
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Reda Kriket, qui occupait l'appartement perquisitionné à Argenteuil, était suivi depuis deux semaines par la DGSI. Les attentats de Bruxelles ont précipité son interpellation.

Jeudi soir peu après 22 heures, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve fait une déclaration fracassante à la presse : la France vient d'échapper à un attentat "à un stade avancé". Alors que le ministre parle face caméras, la Direction générale des services intérieurs (DGSI) et une équipe de déminage sont en pleine intervention à Argenteuil boulevard Delambre, dans un immeuble d'habitations. Le périmètre a été évacué, les riverains sont "enfermés dehors" sur le pavé. 

"TATP : une fois fabriqué, il faut s'en servir vite". A l'intérieur de la copropriété de quatre étages où opèrent les services, c'est un véritable arsenal qui est découvert : du TATP prêt à l'emploi - l'explosif de Daech qui a notamment servi à fabriquer des ceintures explosives du 13-Novembre - ainsi que tous les ingrédients pour en fabriquer davantage, mais aussi des boulons et des kalachnikovs. "On ne s'attendait pas du tout à trouver tout cet arsenal", aurait confié le ministre à François Hollande dans une communication téléphonique jeudi soir, révèle Le JDD. Une découverte qui crée l'effroi tant l'imminence d'une attaque paraît évidente. "Le TATP est un explosif très instable. Quand vous l'avez fabriqué, il vaut mieux s'en servir assez vite, sinon vous risquez de faire sauter le lieu de stockage", analyse un expert. La proximité des festivités de Pâques laisse supposer que l'attentat prévu aurait pu avoir lieu à cette date.

Pisté depuis deux semaines. Depuis deux semaines, la DGSI était sur les traces de Reda Kriket "grâce à des moyens techniques et des renseignements humains". L'homme, réputé hyper-violent, est bien connu des services, les condamnations remplissant son casier judiciaire. En 2001, il se trouve en Belgique et devient très proche du prédicateur bruxellois Zerkani, grand recruteur de candidats au djihad. Jeudi à la mi-journée, c'est ce même Reda Kriket qui est aperçu sortant de l'immeuble du boulevard Delambre. Il est arrêté vers 13h, à Boulogne-Billancourt, puis ramené à Argenteuil pour la perquisition.

Urgence. Ce sont les attentats de Bruxelles qui ont accéléré la manœuvre. Alors que la DGSI pistait Kriket et que François Hollande aurait donné l'ordre de l'appréhender le plus tard possible pour repérer son réseau d'éventuels complices, il fallait alors agir le plus vite possible. La décision est prise à la fin du Conseil des ministres, jeudi, entre Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et François Hollande, qui n'imaginaient sans doute pas à ce point l'urgence de la situation. A ce jour, Reda Kriket est en garde-à-vue dans les locaux de la DGSI. Va-t-il faciliter le travail des enquêteurs ? Rien n'est moins sûr, à l'mage de Salah Abdeslam, arrêté juste avant les attentats de Bruxelles, et qui a affirmé ne pas connaître les kamikazes qui ont agi en Belgique.