Attentat en Tunisie : "j’ai aperçu un garçon qui tirait dans les gens"

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Attentat en Tunisie : "j’ai aperçu un garçon qui tirait dans les gens"
@ Xavier Yvon, Europe 1
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Claude Pessers, un touriste belge, a été blessé pendant la fusillade, à Sousse. Il raconte la scène.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

En Tunisie, des Français figureraient parmi les 38 victimes. C'est en tout cas ce qu'a affirmé cette nuit le Premier ministre du pays, une information qui n'a pas, pour le moment, été confirmée par le Quai d'Orsay. L'envoyé spécial d'Europe 1 sur place a, lui, rencontré un touriste belge qui a été blessé pendant la fusillade

Allongé sur un lit d’hôpital, seulement vêtu de son maillot de bain, la jambe enveloppée d’un énorme bandage, Claude Pessers, 66 ans, vient de se faire enlever la balle qui lui a cassé le fémur. Il y a encore quelques heures, ce retraité belge se délassait avec sa femme sur un transat de la plage de l’hôtel. Puis tout a basculé.

transat

"Tout de suite, cela a été la panique". "On a entendu tirer…tac tac ta tac tac… Un terroriste ! On s’est levé et on a foutu le camp ! Tout de suite, cela a été la panique. On a couru en direction de l’hôtel et là, j’ai aperçu un garçon avec un t-shirt noir, qui était debout et tirait dans les gens", raconte-t-il, avant d’avouer : "vous avez peur…vous sauvez votre peau."

"Quand vous avez peur, ce n’est pas une balle dans la jambe qui vous arrête". Claude cherche alors un abri. Il amène sa femme et un groupe de touristes vers le centre de thalassothérapie. Mais à cause d’une sciatique, son épouse a des difficultés pour courir. "Je la tenais par la main et, à un moment donné, elle l’a lâché pour aller se cacher derrière un arbuste. Je lui ai dit : ‘ne reste pas là, il faut absolument que tu viennes !’ Et en faisant marche arrière pour aller chercher ma femme, c’est là que j’ai ramassé une balle…" Et de rajouter : "mais on a quand même couru car je vous garantis que quand vous avez peur, ce n’est pas une balle dans la jambe qui vous arrête. J’ai pris ma femme par la main et j’ai été me cacher, comme beaucoup d’autres".

La Tunisie ? "Plus jamais..." La police et les secours ont fini par arriver et sauver le couple belge. Claude et son épouse avaient l’habitude de venir six semaines par an dans cet hôtel. "Mais jamais plus… Désolé pour les Tunisiens, je sais qu’ils n’y sont pour rien", soupire Claude.