Attentat de Londres : nouvelles perquisitions, plusieurs arrestations

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Attentat de Londres : nouvelles perquisitions, plusieurs arrestations
@ NIKLAS HALLE'N / AFP
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Le groupe Etat islamique a revendiqué l'attentat qui a touché la capitale britannique ce week-end, faisant sept morts et des dizaines de blessés.

L'ESSENTIEL

Les autorités britanniques poursuivent leur enquête lundi après l'attentat à Londres, revendiqué par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui a fait samedi sept morts et des dizaines de blessés à quelques jours des élections législatives.

Les principales informations à retenir :

  • Le groupe Etat islamique a revendiqué l'attentat dans la nuit de dimanche à lundi par la voie de son agence de propagande Amaq.

  • La police a arrêté au moins douze personnes (dont une a ensuite été relâchée) et mené de nombreuses perquisitions dans l'Est de Londres.

  • Un Français est mort dans l'attentat et sept autres ont été blessés (dont quatre grièvement), a annoncé dimanche le ministre des Affaires étrangères. Un ou plusieurs Français sont portés disparu. Un premier bilan faisait état de sept morts et une cinquantaine de blessés, dont plusieurs critiques.

L'attentat revendiqué.Véhicule lancé contre la foule et assaillants qui poignardent au hasard les passants, ce nouvel attentat est le troisième en moins de trois mois au Royaume-Uni. Comme les deux précédentes, l'attaque de samedi a été revendiquée par l'EI, contre qui le Royaume-Uni a effectué ces dernières années des raids aériens en Irak et en Syrie. L'attentat a été perpétré par "une unité de combattants de l'Etat islamique", a rapporté dimanche l'agence de propagande de l'EI, Amaq, dans un communiqué. A travers ce vocabulaire, l'EI affirme que les trois assaillants de Londres faisaient partie d'une cellule dormante. "Leurs identités n'étaient pas publiques mais la police a assuré dans un communiqué qu'elles seraient dévoilées dès que ce sera "opérationnellement possible".

L'enquête progresse. Lundi, la police a interpellé plusieurs personnes et a procédé à deux perquisitions, une dans le quartier de Newham, l'autre dans celui de Barking, une banlieue multi-ethnique de l'est de Londres. Des perquisitions avaient déjà été menées à Barking, dimanche, où la police avait arrêté 12 personnes âgées de 19 à 60 ans, dont une a ensuite été relâchée. Un photographe de l'AFP a vu les forces de l'ordre emmenant dans un fourgon quatre femmes. D'après Sky News, la police, lourdement armée, a perquisitionné au domicile d'un des trois auteurs de l'attaque. Cet assaillant était avec deux complices dans la camionnette qui a foncé sur le London Bridge samedi soir. Les trois hommes ont été peu après abattus par la police tandis qu'ils lacéraient de coups de couteau passants et fêtards.

La priorité des enquêteurs est de savoir si les terroristes appartenaient à un réseau. "Nous ne le pensons pas", a déclaré la cheffe de la police de Londres. "Mais nous devons en être absolument sûrs". 

Un lourd bilan. Malgré l'intervention rapide de la police samedi soir, qui a abattu les trois hommes huit minutes après avoir été alertée, le bilan est lourd : sept morts et une cinquantaine de blessés. Quelque 48 personnes restaient hospitalisées lundi, dont 21 dans un état "critique", d'après le service de santé NHS. 

Un Français mort, quatre blessés grièvement. Un Français d'origine normande a été tué samedi soir dans l'attentat. Il se trouvait dans un bar lorsqu'il a été mortellement touché par un coup de couteau. Il vivait en colocation avec l'un de ses amis, présent lui aussi lors de l'attaque. Au total, sept Français ont été blessés, dont quatre grièvement. Au moins un Français est également porté "disparu", a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. Il pourrait s'agir de Sébastien, qui vit depuis sept ans à Londres et dont on est sans nouvelles depuis samedi soir. Un deuxième Français n'a toujours pas donné signe de vie. Le ministre des Affaires étrangère se rend lundi après-midi à Londres pour y rencontrer les familles des victimes et des blessés.

Les élections maintenues. La Première ministre Theresa May a lié l'attaque à "l'idéologie malfaisante de l'extrémisme islamiste". Elle a annoncé le maintien des élections législatives prévues pour jeudi, qui doivent renouveler la chambre des Communes au moment où le Royaume-Uni s'apprête à négocier le Brexit, et la reprise de la campagne lundi, après une journée de suspension. Le niveau d'alerte à la sécurité va être maintenu à "sévère", a encore indiqué la responsable, "Sévère" correspond au deuxième plus haut niveau d'alerte après celui de "critique", qui avait été momentanément activé après l'attentat commis à la sortie d'un concert à Manchester le 22 mai.

L'opposition appelle May à démissionner. Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a appelé lundi à la démission de la Première ministre Theresa May après la série d'attentats au Royaume-uni en raison des réductions d'effectifs policiers qu'elle a opérées. Interrogé sur ITV News pour savoir s'il soutenait les appels à la démission de Theresa May, Jeremy Corbyn a répondu : "Oui, effectivement, parce qu'il y a eu des appels lancés par beaucoup de gens responsables qui sont très inquiets qu'elle ait été au ministère de l'Intérieur pendant tout ce temps et décidé ces réductions dans les effectifs policiers".

Le maire de Londres Sadiq Khan s'est rendu lundi sur les lieux de l'attentat. "Les actes de ces trois hommes, samedi soir, étaient lâches et diaboliques", a-t-il déclaré. "Je suis fâché, furieux que ces hommes tentent de justifier leurs actions en utilisant la foi dont je me réclame", a lancé l'édile musulman. "Leur idéologie est perverse, toxique, et n'a pas sa place dans l'islam. Je condamne cet acte terroriste mais aussi l'idéologie toxique que ces hommes, ainsi que d'autres, suivent", a ajouté Sadiq Khan. Sur Twitter, le maire de Londres a de nouveau été attaqué par Donald Trump, en réponse à une déclaration de la mairie de Londres l'accusant de sortir de leur contexte des propos tenus par Sadiq Khan. "Excuse pathétique du maire de Londres Sadiq Khan qui a dû trouver une explication rapide à sa déclaration 'Pas de raison de s'alarmer !'". Les médias traditionnels travaillent dur pour vendre cette version", a accusé Donald Trump.

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