Attentat au Liban : la France vise la Syrie

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Attentat au Liban : la France vise la Syrie
Le ministre des affaires étrangères estime que Damas est "sans doute" derrière cette attaque contre la France.@ Maxppp
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Juppé estime que Damas est "sans doute" derrière cette attaque qui a blessé 5 soldats français.

La France durcit le ton contre le régime syrien de Bachar Al-Assad. Le ministre des affaires Etrangères, Alain Juppé en a fait la démonstration dimanche lors de l'émission Internationales RFI-TV5Monde-LeMonde.

A la question de savoir si l'attentat qui a blessé cinq casques bleus français vendredi dans le sud du Liban était un message de Damas, Alain Juppé a répondu : "sans doute".

"Je n'en ai pas la preuve"

"Sans doute". "Nous avons de fortes raisons de penser que cet attentat vient de là", a-t-il ajouté, jugeant que la Syrie utilise le Hezbollah libanais pour ce genre d'attaque.

"Je n'en ai pas la preuve", mais "c'est son bras armé, si je puis dire, et nous avons à nouveau appelé le gouvernement libanais à protéger la Finul", la Force des Nations unies au Liban sud, a précisé le ministre.

Des déclarations qui divergent des propos tenu par le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, vendredi. Ce dernier avait indiqué que la France ne faisait pas de lien pour l'instant entre l'attentat et la Syrie, un dossier sur lequel Paris est très actif.

L'opposition libanaise inquiète

Du côté de l'opposition libanaise, la Syrie est clairement pointé du doigt dans cet attentat motel. Le chef de l'opposition libanaise pro-occidentale Saad Hariri a d'ailleurs affirmé via Twitter que l'attaque était "un autre message de Bachar" al-Assad, en référence au président syrien qui réprime dans le sang depuis la mi-mars un mouvement de contestation sans précédent dans son pays.

Ces derniers jours, des médias et hommes politiques libanais ont exprimé la crainte que le Liban - petit voisin de la Syrie qui y a exercé une tutelle de 30 ans - ne redevienne une "boîte aux lettres" entre Damas et la communauté internationale, au vu des pressions exercées par les Occidentaux et la Ligue arabe.

L'attentat au moyen d'un engin explosif actionné au passage d'une patrouille a blessé à Tyr cinq Casques bleus français et deux civils. La France compte 1 300 soldats au sein de la Finul qui compte 12 100 hommes au total, créée en 1978 afin de surveiller la frontière entre le Liban et Israël.