Assassinats à Madagascar : 12 Français tués depuis 2015

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Le quai d'Orsay fait état d'une situation très dégradée sur l'île. Les morts de deux jeunes français ce week-end s'ajoutent à une longue liste depuis 2015.

A Madagascar, l'enquête se poursuit après le meurtre, dimanche, de deux Français de 22 et 25 ans. Magalie et Romain étaient volontaires dans une association de protection de l'environnement. Leurs corps ont été retrouvés sur une plage à proximité de la boîte de nuit où ils avaient passé la soirée. Ils ont semble-t-il étaient tués à coups de gourdin. Une affaire qui fait écho à d'autres et rappelle que l'île est une destination dangereuse pour les Français, tout particulièrement visés par les agressions.

Lourd bilan. En 2015, six Français sont morts sur l'île, un chiffre auquel il faut ajouter les six décès survenus depuis janvier. Le quai d'Orsay s'est montré clair, en indiquant une situation très dégradée à Madagascar. Le premier risque pour les touristes est l'agression par des bandes armées, particulièrement dans les agglomérations. Le ministère conseille de ne pas sortir quand il fait nuit, c'est-à-dire à partir de 17h30.

"Être en groupe". Même si la petite île de Sainte-Marie, où les deux Français ont été tués, n'avait jamais connu aucun incident, l'association suisse de voyages éducatifs et solidaires Solférino est très prudente et oblige les jeunes à se déplacer en groupe avec des responsables. "Il y a des endroits où ils ne peuvent pas aller s'ils ne sont pas accompagnés ou s'ils ne sont pas un groupe conséquent. Souvent, quand vous allez dans ces boîtes, les gens boivent beaucoup, ils sont éméchés, il peut y avoir des tensions. Quand on dit à nos jeunes d'être en groupe, c'est une prévention au cas où quelque chose pourrait arriver", indique Bilal Ramadan, l'un des responsables de l'association.

"Pas de volonté de réprimer ces assassinats". Le député LR des Français de l'étranger Alain Marsaud dénonce l'impunité qui règne sur l'île et encourage, selon lui, les agressions : "les auteurs, même identifiés, ne sont pas réellement poursuivis. Il n'y a pas véritablement de volonté politique ou peut-être judiciaire de réprimer ce genre d'assassinats." Pour faire pression sur les autorités malgaches, le député suggère de relever le niveau de jaune à orange sur la carte que diffuse le quai d'Orsay.