Arrivé en pirogue en Espagne, il touche le gros lot pour Noël

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Arrivé en pirogue en Espagne, il touche le gros lot pour Noël
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Ngame, Sénégalais arrivé en embarcation en Espagne il y a huit ans, a touché 400.000 euros au loto. 

C'est un cadeau de Noël dont il se souviendra longtemps. Un Sénégalais arrivé en Espagne à bord d'une embarcation de fortune a gagné 400.000 euros à la loterie de Noël espagnole, en Andalousie où il a travaillé dans des serres, a annoncé mercredi un journal local.

Actuellement au chômage. "Je n'arrive pas à y croire, si je vous disais que je n'avais même pas cinq euros" en poche, s'est exclamé mardi ce Sénégalais de 35 ans, Ngame, temporairement sans travail, interviewé par le journal La voz de Almeria, dans la ville touristique et agricole de Roquetas de Mar. Une pluie de 140 millions d'euros est tombée sur cette ville de 92.000 habitants de la province d'Almeria : le premier prix de la Loterie de Noël doit être réparti entre la multitude d'acheteurs des tickets de la série gagnante.  "J'ai rencontré ce Sénégalais à la boutique de la loterie, avec sa femme, il avait dans les mains son ticket gagnant" pour 400.000 euros, a raconté la journaliste de La voz de Almeria, Noelia Lazaro, qui a signé l'article.

Petits boulots dans les serres. Ngame lui a alors expliqué qu'il était arrivé il y a huit ans sur l'île espagnole de Tenerife, dans l'archipel des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune, avec sa femme, pour gagner ensuite Almeria. "Nous étions 65 personnes à bord et c'est grâce aux Espagnols que nous sommes ici, ils nous avaient sauvé quand nous étions déjà dans l'eau" après avoir fait naufrage, a-t-il assuré. Ensuite, sa vie ne fut pas facile, à enchaîner les emplois temporaires sous les serres des exploitations agricoles, jusqu'à se retrouver sans travail.

Immigrés sous-payés. Roquetas de Mar fait partie de l'une des vastes zones maraîchères d'Europe, surnommée "la mer de plastique", parce que des dizaines de milliers d'hectares de serres s'y agglomèrent à perte de vue. Main-d'oeuvre à bon marché, les immigrés font tourner cette agriculture intensive, à des coûts de production extrêmement faibles, leur salaire étant encore plus bas s'ils sont clandestins.