Armes chimiques : "Assad n'hésitera pas"

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Armes chimiques : "Assad n'hésitera pas"
"Assad est prêt à éradiquer son peuple", selon Nawaf Farès.@ REUTERS
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Un important diplomate syrien passé dans l'opposition le dit "prêt à éradiquer son peuple".

Au pied du mur, le régime de Bachar al-Assad "n'hésitera pas à recourir aux armes chimiques", ce qui a peut-être "déjà été fait, en partie, à Homs". Ces accusations sont proférées par Nawaf Farès, le plus éminent diplomate syrien à avoir rallié l'opposition depuis le début du soulèvement.

Assad "comme un loup acculé et blessé"

Dans un long entretien diffusé mardi sur la BBC, celui qui était, il y a encore une semaine, ambassadeur en Irak décrit un pouvoir aux abois. "Le régime de Bachar al-Assad est comme un loup acculé et blessé, il fera n'importe quoi pour survivre", a-t-il confié depuis le Qatar où il s'est réfugié.

Nawaf Farès

© REUTERS

D'après lui, Bachar al-Assad est prêt "à éradiquer le peuple syrien tout entier" pour rester au pouvoir.

De là à utiliser des armes chimiques contre son peuple ? Le témoignage de Nawaf Farès est à prendre avec précaution : fraîchement rallié à l'opposition, l'homme a un intérêt évident à discréditer le régime dont il fût un fidèle serviteur pendant 34 ans. De plus, il n'est ni militaire, ni scientifique.

La France "cherche à vérifier"

Pourtant ses accusations ne semblent pas infondées. Mardi, la France s'est d'ailleurs dite "préoccupée" par des "informations faisant état de mouvement d'armes chimiques en Syrie". "Ce sont des rumeurs ou des informations, nous cherchons à en vérifier la réalité. C'est très préoccupant", a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

La semaine dernière, le Wall Street Journal suggérait - sur la base de rapport des services de renseignements occidentaux - le déplacement dans le pays d'armes chimiques hors de leur lieu de stockage. 

La bataille de Damas, "le début de la fin"

Alors que l'Armée syrienne libre a annoncé mardi avoir lancé "la bataille pour la libération de Damas", Nawaf Farès estime que le déplacement du conflit dans la capitale signe "le début de la fin" pour le régime.