Armes à feu : Obama évoque sa "frustration"

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Armes à feu : Obama évoque sa "frustration"
@ REUTERS
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COUP DE COLÈRE - Le président américain a fait part de sa frustration face à l'impossibilité de mettre en oeuvre la moindre mesure de contrôle des armes à feu.

Il ne décolère pas. Barack Obama a appelé mardi les Américains à un "examen de conscience" sur les armes à feu, qui ont encore tué plus tôt dans la journée deux personnes dans un lycée et dont le Congrès peine à contrôler la circulation.
 

"Aujourd'hui ça se passe une fois par semaine". "Le pays doit faire un examen de conscience. Cela devient la norme et nous prenons ces faits pour acquis d'une manière que je trouve terrifiante en tant que parent", a déploré Barack Obama, qui répondait à des utilisateurs du réseau social Tumblr. La fréquence des fusillades atteint un niveau "jamais vu", a estimé le président américain.

Selon le centre Brady, qui lutte contre la violence par armes à feu, 32 Américains sont tués chaque jour par arme à feu. "Nous sommes le seul pays développé au monde où cela se produit et aujourd'hui ça se passe une fois par semaine", a ajouté le président dans un discours passionné qui ne va pas manquer de déclencher l'ire du lobby des armes, la NRA (National Rifle Association).

Barack Obama exprimait son indignation le jour même où une nouvelle fusillade endeuillait un lycée près de Portland, dans l'Oregon. Un élève a été tué et un enseignant légèrement blessé, a annoncé la police. Le tueur, qui serait un autre élève armé d'un fusil, s'est suicidé, selon les médias locaux. Et lors de l'évacuation de l'établissement, la police a arrêté une autre personne en possession d'une arme à feu, sans lien cependant avec la fusillade. Une autre fusillade a fait dimanche cinq morts, dont le couple de tueurs, à Las Vegas, après Seattle le 5 juin et Santa Barbara le 23 mai.

L'exaspération d'Obama. Le président américain a exprimé aussi son exaspération de ne pas avoir davantage de soutien pour un contrôle accru des armes. Il a indiqué que la "plus grande frustration" de sa présidence venait du fait que le Congrès n'avait même pas pris des "mesures basiques" à cet égard. Le président avait essayé sans succès d'introduire des restrictions, comme un renforcement de la vérification des antécédents (psychiatriques, judiciaires...) des acheteurs, après le massacre de Newtown fin 2012, quand 20 écoliers et six adultes avaient été tués.

Mais un an après la tuerie de Newtown, l'association "Sandy Hook promise" avait comptabilisé que 25 fusillades avaient encore eu lieu dans des écoles américaines. Barack Obama s'en est aussi pris à l'argument couramment mis en avant par les défenseurs des armes à feu, selon lequel la prise en charge des personnes malades mentales est plus à blâmer que la libre circulation des armes: "Les Etats-Unis n'ont pas le monopole des fous", a-t-il souligné.

Il pointe du doigt la NRA. "Nous ne sommes pas le seul pays à avoir des psychotiques et pourtant ces fusillades se succèdent à un rythme bien plus important qu'ailleurs", a-t-il encore constaté. La NRA et une partie du Congrès s'opposent farouchement à ce contrôle, au nom du port d'armes autorisé par le Deuxième Amendement de la Constitution américaine et de la légitime défense. Même la Cour suprême refuse obstinément de se saisir des affaires de port d'armes en public, depuis qu'elle a garanti en 2008 ce droit individuel de détenir une arme à feu.

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