Argentine : vote historique au Parlement sur la légalisation de l'avortement

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Argentine : vote historique au Parlement sur la légalisation de l'avortement
Les militants favorables à la légalisation de l'avortement en Argentine se heurtent à l'Église@ EITAN ABRAMOVICH / AFP
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Les députés argentins doivent décider mercredi s'ils légalisent l'avortement ou non dans ce pays où l'Église catholique est puissante.

Les députés argentins adopteront-ils en première lecture le projet de loi légalisant l'avortement ? Le vote s'annonce serré mercredi au parlement entre partisans du texte et opposants, soutenus par l'Église.

Une courte avance du "oui". Le "oui" à la légalisation a fait son chemin dans l'opinion publique ces dernières années, porté par le mouvement féministe #NiUnaMenos, mobilisé également contre les violences faites aux femmes. Mais cet élan se heurte à la résistance des autorités religieuses. Les sondages donnent pourtant un avantage au "oui" mais à la chambre des députés, le "non" semble légèrement devant (117 contre 111), alors qu'une vingtaine de députés n'ont pas fait connaître leur position. 

L'exemple de l'Irlande. La mobilisation pour la légalisation de l'IVG s'est accentuée au fil des mois et la légalisation de l'avortement dans un autre pays à forte tradition catholique, l'Irlande, donne de l'espoir aux Argentines. Les partisans de la loi arborent un foulard vert avec l'inscription : "éducation sexuelle pour décider, contraceptifs pour ne pas avorter, avortement légal pour ne pas mourir". De leur côté, les opposantes au texte défilent au nom de "Sauvons les deux vies".

Le "droit à la vie". La vice-présidente argentine Gabriela Michetti s'est engagée contre la loi sur la ligne du "droit à la vie". "Être en faveur de la vie est beaucoup plus progressiste et respectueux", dit-elle. Plutôt que d'avorter, plaide-t-elle, "si une femme ne veut pas être mère, quel que soit le motif, elle peut confier l'enfant en adoption".

Le pape contre la légalisation. Le pape François, qui est argentin, dit ne pas vouloir se mêler des affaires de pays souverains mais quand il s'agit d'avortement, il fait une entorse à ses principes. Il a adressé une carte aux catholiques argentins, les appelant à se mobiliser contre le projet de loi que le parlement a commencé à examiner. Une mobilisation inter-religieuse a par railleurs rassemblé à Buenos Aires catholiques, musulmans, juifs, protestants et bouddhistes pour dire "non" au projet de loi.

Un débat pour la première fois au parlement. La première victoire pour les partisans du droit à l'avortement, c'est que le débat puisse avoir lieu au parlement, un fait historique, à l'initiative du gouvernement du président de centre-droit Mauricio Macri, à titre personnel hostile à l'avortement.  Quand elle était au pouvoir, l'ex-présidente Cristina Kirchner avait bloqué un projet de loi avant qu'il arrive au Parlement.

L'examen du projet de loi par les 257 députés devait commencer mercredi en début d'après-midi. Le résultat du vote pourrait n'être connu que jeudi matin. Le texte autorise l'IVG jusqu'à la 14ème semaine de gestation. Si le texte est approuvé par la majorité des députés présents, il sera ensuite envoyé au Sénat, réputé plus conservateur.


Une légalisation marginale en Amérique latine. Légalisé au Royaume-Uni en 1967, en France en 1975, l'avortement est illégal dans la plupart des pays d'Amérique latine, sauf en Uruguay (2012), à Cuba (1965) et dans la ville de Mexico. En Argentine, si une femme a les moyens, elle peut avorter en toute sécurité et discrétion dans une clinique privée. Les plus démunies se risquent à des IVG dans des conditions sanitaires insuffisantes. D'après diverses ONG, 500.000 avortements sont pratiqués chaque année en Argentine.