Argentine : une Grand-mère de la Place de Mai retrouve son petit-fils

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Argentine : une Grand-mère de la Place de Mai retrouve son petit-fils
Estela de Carlotto, en mai 2014.@ REUTERS/Marcos Brindicci
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ARGENTINE - A 36 ans, cet Argentin enlevé à sa naissance sous la dictature a retrouvé la trace de sa famille biologique. 

"Je ne voulais pas mourir sans l'embrasser". Cette phrase, prononcée mardi par Estela Carlotto s'étale à la une de tous les journaux d'Argentine, et émeut tout le pays. Et pour cause : Estela Carlotto vient de retrouver la trace de son petit-fils Guido, disparu pendant la dictature militaire (1976-1983).

Figure de la lutte contre la dictature. Une victoire pour cette figure des Grands-mère de place de Mai, mouvement de femmes ayant eu le courage, au plus fort de la répression, de manifester Place de Mai, devant le palais présidentiel, pour réclamer aux autorités militaires leurs enfants ou petits-enfants disparus.

Sa mère exécutée. "Je veux le toucher, regarder son visage", a raconté à la presse argentine cette militante âgée de 83 ans. D'après le récit d'un compagnon de détention de sa mère Laura Carlotto, cette dernière avait mis au monde le 26 juin 1978 un garçon qu'elle avait nommé Guido, alors qu'elle était emprisonnée. Laura Carlotto fut finalement torturée et exécutée d'une balle dans la tête.

Un "pressentiment". Guido, fils de Laura Carlotto et Oscar Montoya, également exécuté, est aujourd'hui un musicien de 36 ans, et s'appelle Ignacio Hurban. Après un premier contact téléphonique mardi avec sa famille biologique, il a demandé un peu de temps pour réaliser, avant de les rencontrer. Le quotidien La Nacion affirme qu' Ignacio Hurban, baptisé Guido par sa mère Laura Carlotto, s'est décidé à demander un test ADN au siège des Grands-Mères de la Place de Mai sur la base d'un "pressentiment". 

500 bébés enlevés, selon les estimations. Les Grands-mères de la Place de mai estiment que 500 bébés d'opposants politiques enlevés à leur mère ou nés en captivité ont ensuite été adoptés par des dignitaires du régime militaire qui a fait 30.000 morts ou disparus, selon les organisations de défense des droits de l'Homme.

Plus d'une centaine de ces enfants ont été identifiés et ont pu reprendre contact avec leur famille après avoir été élevés par des parents qu'ils pensaient parfois être leurs véritables géniteurs. L'ancien dictateur argentin Jorge Videla (1976-1981) a été condamné en 2012 à 50 ans de prison pour vols de bébés d'opposants sous la dictature. Il est mort en détention l'année suivante.