Anders Behring Breivik, privé de nouveau procès en Norvège, va saisir la CEDH

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Anders Behring Breivik, privé de nouveau procès en Norvège, va saisir la CEDH
Le Norvégien qui a écopé de 21 ans de prison dénonce son isolement.@ Lise AASERUD / NTB Scanpix / AFP
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Le tueur de masse Anders Behring Breivik va saisir la Cour européenne des droits de l'homme sur ses conditions de détention qu'il juge '"inhumaines".

La Cour suprême norvégienne a annoncé jeudi son refus d'examiner un recours du tueur de masse Anders Behring Breivik, qui juge ses conditions de détention "inhumaines", amenant celui-ci à saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). La décision de la plus haute instance judiciaire de Norvège clôt la procédure dans ce pays, après le jugement en appel prononcé en mars en faveur de l'État norvégien, alors blanchi des accusations de violation des droits de l'extrémiste de droite.

Il dénonce son isolement en prison. Mais l'auteur de la tuerie qui avait fait 77 morts en 2011 va maintenant saisir la Cour de Strasbourg, a aussitôt indiqué son avocat, Øystein Storrvik. "Nous avons toujours été préparés à ce que notre plainte devant les tribunaux norvégiens n'aboutisse pas", a-t-il déclaré. Anders Behring Breivik estime notamment que son isolement en prison, où il est détenu à l'écart des autres détenus, constitue une violation de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme, qui bannit tout traitement "inhumain" ou "dégradant". L'extrémiste aujourd'hui âgé de 38 ans purge une peine de 21 ans d'emprisonnement susceptible d'être prolongée indéfiniment. Il dispose de trois cellules richement équipées en prison, mais se plaint de son isolement.

Pas de torture ni de traitement inhumain. Si, à la surprise générale, une juge lui avait donné raison sur ce point en première instance en 2016, une cour d'appel avait jugé en mars que "Breivik n'est pas et n'a pas été victime de torture ou de traitement inhumain ou dégradant". Après ce revers, Anders Behring Breivik avait saisi la Cour suprême, mais celle-ci a refusé d'examiner son appel, jugeant qu'"aucun des éléments de l'appel (...) n'a de perspective de gagner". "L'affaire ne soulève pas non plus de questions sur l'interprétation de la Convention européenne qui n'aient déjà été suffisamment clarifiées par la pratique de la Cour européenne des droits de l'homme", a-t-elle aussi fait valoir dans un communiqué.