Allemagne : les Pirates font des vagues

  • A
  • A
Allemagne : les Pirates font des vagues
@ Reuters
Partagez sur :

Ce mouvement contestataire a obtenu 7,4% des voix aux élections dans le Land de Sarre.

Six mois après une percée historique à Berlin, le parti des Pirates a fait une entrée fracassante au parlement régional de Sarre dimanche. Ce jeune mouvement contestataire, crédité de 7,4% des voix, a donc confirmé l'influence grandissante dans la politique allemande. Ce parti difficilement classable, qui prône en particulier la démocratie directe sur internet, est un "facteur important", a reconnu lundi la chancelière Angela Merkel, en commentant les résultats dans le petit Etat régional industriel du sud-ouest de l'Allemagne.

Passant haut la main le seuil des 5% pour entrer au Landtag, ce mouvement qui partait de zéro, est devenu directement la quatrième force politique en Sarre. Les Pirates dépassent les Verts, mais aussi les Libéraux du FDP, partenaire en pleine déroute de la coalition gouvernementale d'Angela Merkel qui disparaît du parlement régional après n'avoir recueilli que 1,2% des suffrages.

"Plus de transparence et de participation"

Créé en 2006 en Allemagne, le parti des Pirates avait fait sensation en entrant au parlement de la ville-Etat de Berlin à l'issue des élections régionales du 18 septembre dernier, avec 9% des voix. Dans aucun autre pays d'Europe, ce mouvement originaire de Scandinavie et maintenant actif dans plus de 30 pays, n'a remporté de tels succès, la Suède mise à part, où ils ont deux députés pour le Parlement européen.

pirates allemagne 930

© Capture

Cette fulgurante réussite, au détriment de tous les autres partis établis, en a surpris plus d'un en Allemagne. "Je croyais que les Pirates étaient un phénomène de grandes villes. Je suis un peu étonné de leur score en Sarre", avoue le politologue de l'Université libre de Berlin, Nils Diederich. "Les jeunes hommes qui votent pour la première fois émettent de forts messages protestataires (...) Comment répondre à ces appels à plus de transparence et de participation en politique ?", s'interroge Hermann Gröhe, le secrétaire général du parti conservateur d'Angela Merkel.

Aucun autre parti depuis la fondation de la République fédérale allemande ne s'est établi aussi vite que les Pirates, qui ont désormais des fédérations régionales dans les 16 Länder du pays, remarque l'hebdomadaire Der Spiegel.

Le reportage d'Arte en 2009 :

Un congrès cybercafé

Alors que le contenu de leur programme politique reste mince, leur façon de faire de la politique sur internet fait mouche auprès des jeunes. A peine avait été décidée l'organisation de nouvelles élections le 13 mai dans l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie (nord-ouest), que déjà les Pirates préparaient leur campagne sur Twitter.

Leur dernier congrès, le 4 décembre dernier à Offenbach, ressemblait à un gigantesque cybercafé. Des hommes politiques, souvent très jeunes, en sweat-shirt noir à capuche, pianotaient sur leurs ordinateurs portables pendant les prises de parole pour diffuser en temps réel des messages sur les réseaux sociaux. Se déclarant ni de droite ni de gauche, ces "Pirates" ont fait de la défense des libertés citoyennes, notamment sur le Net, leur cheval de bataille.

17.000 abonnés Twitter en France

Il existe également un mouvement français qui a vu le jour en 2006,  en plein débat sur la loi DADVSI (droit d’auteur et droits voisins dans la société de l’information). Maxime Rouquet, étudiant en école d’ingénieur informatique et actuel président des Pirates français,  a mené sa campagne pour les législatives de 2009 dans les Yvelines . Il avait alors recueilli un peu plus de 2% des suffrages.

"Avec le succès du Parti allemand, on voit arriver pas mal de monde sur les forums. Les gens sont curieux et demandent d'adhérer", se félicitait le président français, interrogé par Europe1.fr en septembre dernier. Le parti, qui compte plus de 17.000 abonnés sur Twitter, se met en ordre de marche pour les législatives de 2012. Il ambitionne de présenter dix candidats indépendants.