Allemagne-Grèce, le "derby de la dette"

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Allemagne-Grèce, le "derby de la dette"
Pour les Grecs, l'aspect sportif du quart de finale qui oppose leur équipe à l' Allemagne est presque secondaire.
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En pleine crise, l'enjeu du quart de finale de l'Euro dépasse largement le cadre du sport.

C'est un peu plus qu'une place en demi-finale de l'Euro-2012 qui se joue vendredi soir entre la Grèce et l'Allemagne. Entre le "bon élève" et le "cancre" de la zone euro, une rivalité très géopolitique est née ces derniers mois. Les Grecs rêvent d'un exploit sportif au goût de vengeance économique.

Merkel, le diable en tribunes

C'est le "derby de la dette", le "match de l'austérité", … Vendredi soir, à Gdansk, en Pologne, l'Allemagne et la Grèce s'affrontent en quarts de finale de l'Euro-2012. Mais dans le contexte géopolitique actuel, le football est presque secondaire dans ce match.

Angela Merkel sera dans les tribunes : l'horaire du mini-sommet européen prévu dans l'après-midi a même été avancé pour être sûr qu'elle soit à l'heure au stade. Or, en Grèce, la chancelière allemande cristallise le mécontentement de la population, qui la juge principale responsable de l'austérité qui leur est imposée.

"11 millions sur le terrain"

Du coup, les Grecs pousseront comme jamais derrière leur équipe. "Les joueurs ne seront pas 11, mais 11 millions sur le terrain, parce qu'en ce moment, en Grèce, on a tous besoin de croire en quelque-chose", explique Dimitri, serveur de café à Athènes, au micro d'Europe 1.

"Nous voulons gagner ce match peut-être plus encore que l'Euro-2004, que nous avions remporté", assure même Christiana, qui travaille dans le marketing. "Juste pour prouver que là, au moins, nous pouvons faire quelque chose mieux que les Allemands."

La presse allemande moqueuse

Mais face au petit poucet grec, l'Allemagne, une des grandes favorites de la compétition, semble peu inquiète. La presse n'a d'ailleurs aucun doute sur la qualification de son équipe et raille l'adversaire : "Salut la Grèce ! Aujourd'hui on ne pourra pas vous sauver !", lance le toujours cocardier Bild. Die Welt se méfie quand même de l'attaquant Georgios Samaras, parce qu'il porte le même nom que... le nouveau Premier ministre grec.

Et puis, si jamais ils perdent, les Allemands pourront quand même se consoler. Après tout, si la Grèce a remporté l'Euro-2004, n'est-pas parce que son sélectionneur, Otto Rehhagel, était allemand ?