Allemagne : cette ville où le chômage est… trop bas

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Allemagne : cette ville où le chômage est… trop bas
@ Max PPP
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Dans cette région, fief des conservateurs et parmi les plus riches d'Europe, Neumarkt manque de main-d’œuvre qualifiée. 

Un chômage à 2,4%. Alors que toute l’Europe s’active pour tenter de diminuer son taux de chômage de masse, certains ont d’autres problèmes… de riches. A une semaine des élections législatives allemande, Neumarkt, dans la riche Bavière -qui a renouvelé dimanche sa confiance aux conservateurs-, fait figure d’excellent élève. Cette ville coquette de plus de 40.000 habitants, située à une cinquantaine de kilomètres de Nuremberg et plus de 450 km de Berlin, affiche l'un des taux de sans-emploi les plus bas d'Allemagne à 2,4% contre 6,8% en moyenne nationale. Le chômage y est actuellement tellement bas que la ville manque même de main d'œuvre qualifiée…

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© Max PPP

Une des régions les plus riches d’Europe... La région, fief des conservateurs, compte parmi les plus riches d'Europe. Elle doit sa réussite à un réseau dense d'entreprises, notamment dans l'électronique et les hautes technologies, de bonnes infrastructures et un système scolaire réputé comme le meilleur du pays.

…mais un vieillissement de la population. Pourtant, ici aussi on s'inquiète pour l'avenir. "Nous sommes confrontés comme dans le reste de l'Allemagne à un énorme changement démographique" marqué par un vieillissement de la population, explique Hans Gerngross, candidat de la formation régionale des "Electeurs libres" au parlement de Bavière, interrogé par l’Agence France Presse.

De moins en moins de jeunes arrivent sur le marché du travail et la tendance va s'accélérer dans les prochaines décennies. Les entreprises ont des difficultés à recruter des jeunes en formation dans un pays très imprégné par le système d'apprentissage en alternance. En août, 1.257 places d'apprentis ont été proposées mais seules 1.148 candidatures ont été reçues à Neumarkt. "Une boulangerie industrielle (implantée dans la ville) pourrait embaucher chaque année 35 à 40 personnes mais elle ne trouve au final qu'une dizaine de personnes", déplore Alois Karl, député CSU (branche bavaroise de la CDU d’Angela Merkel, ndlr) de la circonscription. Même constat dans le secteur de la médecine et de l'aide aux personnes âgées où le personnel qualifié fait cruellement défaut.

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25.04 Espagne chômage économie

© Reuters

Des jeunes qualifiés du sud de l’Europe.  Tous les regards de Neumarkt commencent à se tourner vers l'étranger, en particulier vers le sud de l'Europe où les files de chômeurs n'ont cessé de grossir avec la crise. "On entend parler de jeunes Espagnols qui viennent s'installer ici", assure la candidate social-démocrate (SPD) pour les législatives, Brigitte Bachmann. Son rival conservateur, Alois Karl, va lui plus loin. Il affirme qu'il faut carrément "forcer" le recrutement de ces jeunes qualifiés du Sud de l'Europe "qui subissent un taux de chômage de 50%". La raison ? "Nous allons chercher des spécialistes à l'étranger alors qu'il y a souvent moins de trois candidats pour un poste", déplore de son côté Johann Götz, directeur opérationnel de l'Agence pour l'emploi de Ratisbonne dont dépend Neumarkt.

Le mouvement s'avère encore timide car de nombreuses barrières demeurent. "Nous sommes tout à fait prêts à prendre en formation des jeunes étrangers" venus de pays européens, souligne Karin Bögerl, qui tient une grande boucherie dans la ville. "Mais le problème c'est la langue", conclut-elle.