Algérie : qui était l'otage français mort ?
Algérie : qui était l'otage français mort ?

Yann Desjeux, 52 ans, était un ancien militaire chargé de la sécurité du site gazier algérien.

C'est le seul Français dont la mort a été confirmée jusqu'à présent. Yann Desjeux, 52 ans, a été tué alors qu'il était retenu en otage sur le site gazier d'In Amenas, en Algérie. Est-ce le commando islamiste, qui a pris le contrôle du site de mercredi à samedi, ou est-ce l'armée algérienne, qui a donné l'assaut dès jeudi, qui a causé sa mort ? Seule certitude : mercredi, Yann Desjeux n'était pas encore mort. Un correspondant du journal Sud-Ouest avait pu le joindre par téléphone. Retenu sur la "base de vie" d'In Amenas avec 34 autres otages de neuf nationalités, il avait alors assuré qu'ils étaient "bien traités" par leurs ravisseurs.

>> LIRE AUSSI : Les derniers événements en Algérie

Yann Desjeux, divorcé et père de deux enfants, était un ancien militaire reconverti dans la sécurité de sites privés. Originaire du pays basque, il appartenait au premier régiment de parachutistes d'infanterie de marine (1er RPIMa) de Bayonne. Co-gérant d'un restaurant à Anglet, dans les Pyrénées-Atlantiques, il s'était également reconverti dans des missions de sécurité privé. On ignore encore sa fonction exacte sur le site d'In Amenas. Il s'était présenté à Sud-Ouest comme le responsable logistique de la société française CIS Catering, ce qu'a démenti cette dernière.

"C'était très agréable de travailler avec lui"

Entre 2005 et 2009, Yann Desjeux travaillait pour une autre société à 700 kilomètres d'In Amenas. Contacté par Europe 1, Fouad, un de ses subordonnés d'alors évoque un homme "sympathique" : "je travaillais avec lui sur la sécurité du site. C'était un bon organisateur et un bon gestionnaire, un sympathique bonhomme. (…) C'était très agréable de travailler avec lui." Fouad précise que Yann Desjeux était en première ligne en cas de problème : "Il organisait la sécurité du site. Il devait réagir lorsqu'il y avait une attaque."

A Anglet, les drapeaux sont en berne pour une semaine. Yann Desjeux "était gérant d’un restaurant de la Chambre d’Amour [un quartier, NDLR] dans lequel les Angloys avaient plaisir à se retrouver", a déclaré le maire de la ville, Jean Espilond. Ses "premières pensées vont à sa famille et à ses proches", a-t-il ajouté. "Au nom de tous les Angloys je tiens à témoigner de mon indignation, de ma peine immense face à cette abomination."

>> LIRE AUSSI : Comment s’est déroulée l’attaque