Algérie : l'opération tourne au drame
© MAX PPP

L'ESSENTIEL - Dans l'immédiat, les autorités algériennes refusent cependant de donner un bilan.

RESUME. Jeudi, l'armée algérienne a décidé de donner l'assaut pour mettre fin à la prise d'otages qui était en cours sur le site gazier d'In Amenas, dans l'est du pays. Une opération sur laquelle il est encore très difficile, alors que la journée s'achève, d'avoir des informations précises et vérifiées. Une source proche de la sécurité algérienne, citée par l'agence Reuters, parle de trente otages tués, dont un Français. Un chiffre impossible à confirmer dans l'immédiat, que ce soit en France ou en Algérie. Seule certitude : le chef du commando islamise a été tué lors de l'assaut. A noter que parmi les autres assaillants abattus, figurerait aussi un second Français.

# LA SITUATION ACTUELLE

L'assaut a débuté jeudi après-midi. En fin de journée, des agences de presse locales affirment que l'armée maîtriserait une partie du site mais l'usine serait toujours encerclée.

hollande sur l'algerie 930

© Capture BFM TV

• Un dénouement dramatique, selon Hollande. En fin d'après-midi, le président français avait déclaré que la situation "semblait se dénouer dans des conditions dramatiques". "Je ne dispose pas encore de suffisamment d'éléments pour en faire une évaluation", avait ajouté le chef de l'Etat.
>> A LIRE AUSSI - Assaut : l'Algérie, seule à décider ?

• Une opération violente. L'armée algérienne a donc donné l'assaut sur le site gazier en début d'après-midi jeudi, mais il a fallu attendre plusieurs heures avant que les autorités le confirment. Les habitants de la ville de In Amenas, à 40 kilomètres du site, ont pu entendre les explosions sur le site de BP, raconte le correspondant d'Europe 1 en Algérie. Des contacts diplomatiques parlent d'un assaut sans doute sanglant, a précisé le correspondant d'Europe 1 à Alger.
 

>> RECIT - Comment le site a été attaqué 

• Un Français libéré.  Quatre otages au total ont été libérés. Parmi eux, figure un Français, selon les informations recueillies par Europe 1. Une information confirmée par le ministère des Affaires étrangères algérien, qui précise que les autres otages sont un Kényan et deux Britanniques.

• Des travailleurs BP évacués. Le groupe pétrolier britannique BP a annoncé qu'il allait d'évacuer d'Algérie "un groupe de travailleurs non-essentiels". Certains avancent le chiffre de 600 personnes mais il n'a pas été confirmé officiellement.

17.01.Bandeau.Algérie.armee.militaire.Reuters.930.620

© REUTERS

# LES OTAGES

Grosse incertitude sur le nombre et la nationalité des otages :

Combien sont les victimes ? Selon les informations fournies par le ministre de l'Intérieur algérien, "il y a eu deux morts, un Algérien et un Britannique". Mais les ravisseurs ont déclaré, jeudi après-midi, par l'intermédiaire d'un porte-parole islamiste, que l'armée algérienne avait tué 34 otages et 15 ravisseurs lors d'un raid. Et une source proche de la sécurité algérienne, citée par l'agence Reuters, parlait en fin de journée de trente otages tués, dont un Français. Aucune confirmation officielle dans l'immédiat.

• Combien de Français sur place ? François Hollande a confirmé, jeudi midi, que des Français étaient détenus sur le site, sans préciser leur nombre. Ils seraient quatre selon nos informations.

>> Assaut : l'Algérie, seule à décider ?

# LES RAVISSEURS

Les assaillants appartiendraient à la brigade de Mokhtar Belmokhtar al-Moulathamine. Surnommé "le Borgne", il est l'un des chefs historiques d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a introduit dans le Nord du Mali. "Nous tuerons les infidèles", auraient déclaré les preneurs d'otages, dixit un Algérien ayant réussi à s'échapper. "Les terroristes nous ont dit au tout début qu'ils ne feraient pas de mal aux musulmans et qu'ils n'étaient intéressés que par les chrétiens et les infidèles", a-t-il ajouté.

Les assaillants présents sur place auraient miné le terrain. Ils ont menacé plusieurs fois de faire exploser la base qui est aussi l'un des complexes gaziers les plus importants au monde.

>> A LIRE AUSSI - "J'ai parlé aux ravisseurs"