Alep : l'ONU évoque des crimes de guerre de part et d'autre

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Alep : l'ONU évoque des crimes de guerre de part et d'autre
Les attaques des différents belligérants touchent aussi les civils à Alep. @ ABD DOUMANY / AFP
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L'ONU s'est insurgée mardi de potentiels crimes de guerre commis à la fois par les rebelles et par les forces gouvernementales dans la ville d'Alep, en Syrie.

Toutes les parties impliquées dans la bataille d'Alep se livrent potentiellement à des crimes de guerre en menant des attaques aveugles contre des quartiers peuplés de civils, a déclaré mardi la porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU pour les Droits de l'homme (OHCHR). "Toutes les parties à Alep mènent des combats qui ont pour conséquence un grand nombre de victimes civiles et créent une atmosphère de terreur parmi ceux qui continuent de vivre dans cette ville", a souligné Ravina Shamdasani lors d'un point de presse régulier.

"Les rebelles ignorent le droit humanitaire". Au cours du week-end, l'ONU a réuni des éléments attestant de la mort de plus de 30 civils, dont dix enfants, ainsi que des dizaines de blessés dans des frappes au mortier, à la roquette et au moyen d'autres engins explosifs sur la partie occidentale de la ville. "Le recours présumé à des missiles au sol ainsi que l'utilisation de véhicules armés chargés d'explosifs dans une zone qui comprend plus d'un million d'habitants civils sont absolument inacceptables et susceptibles de constituer un crime de guerre", a-t-elle poursuivi. Le nombre élevé de victimes civiles suggère que les rebelles ignorent le principe fondamental du droit humanitaire international prohibant les attaques aveugles de même que les principes de précaution et de proportionnalité, a souligné la porte-parole.

Damas et ses alliés bombardent aussi les civils. L'ONU note parallèlement que les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés continuent de bombarder Alep-Est, avec au moins douze décès recensés parmi la population civile au cours des journées de samedi et dimanche. Ravina Shamdasani a rappelé que "les frappes contre des hôpitaux, des écoles, des marchés, des stations d'épuration d'eau et des boulangeries sont désormais courantes et, s'il est démontré qu'elles sont intentionnelles, pourraient constituer des crimes de guerre".