Ahmadinejad et le baiser qui fâche

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Ahmadinejad et le baiser qui fâche
Cette photo de Mahmoud Ahmadinejad avec la mère d'Hugo Chavez a suscité l'indignation chez les conservateurs iraniens.@ REUTERS
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Aux funérailles d’Hugo Chavez, l’Iranien a étreint la mère du défunt président vénézuélien.

L’image peut sembler anodine, mais elle choque en Iran. Une photo de Mahmoud Ahmadinejad en train d’enlacer la mère d’Hugo Chavez, Elena Frias, aux obsèques du président vénézuélien fait scandale à Téhéran, où les conservateurs jugent un tel geste déplacé. Le protocole en vigueur en Iran aurait en effet voulu que le président s’incline devant elle, pour éviter tout contact physique.

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Contraire au comportement d’un "musulman". Le député Mohammed Dehgan estime qu’un tel acte de la part d’un haut responsable iranien est contraire au comportement d’un musulman, note la chaîne Al Arabiya. Pour l’ancien député Hojatoleslam Mohammed Taghi Rahbar, ex-soutien d’Ahmadinejad, le président iranien a tout simplement perdu le contrôle de la situation lors des obsèques d’Hugo Chavez à Caracas.

ahmadinejad aux obsèques de chavez

© REUTERS

Non, il ne l’a pas embrassée ! Mahmoud Ahmadinejad n’a pas commenté l’affaire. Mais un démenti a tout de même été apporté, par la voix d’un parlementaire qui était avec lui à Caracas. Le président iranien n’aurait pas enlacé Elena Frias et la photo aurait été modifiée pour donner cette impression, a dénoncé le député, pour qui la mère d’Hugo Chavez aurait tenté de prendre la main de Mahmoud Ahmadinejad, mais celui-ci l’aurait retirée aussitôt.

Une autre polémique religieuse. La mort d’Hugo Chavez a décidément été synonyme de polémique en Iran : avant la publication de la photo avec Elena Frias, c’est la lettre de condoléance envoyée par Mahmoud Ahmadinejad qui était mal passée. "Je n’ai pas de doute qu’il [Hugo Chavez] reviendra, aux côtés du vertueux Jésus et de l’Homme parfait", a-t-il écrit, en référence au douzième imam, le "Mahdi", censé réapparaître avec le Christ pour sauver le monde. Des termes jugés "pas appropriés" par plusieurs dignitaires religieux iraniens.

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