Agression de Leonarda : un différend familial ?

  • A
  • A
Agression de Leonarda : un différend familial ?
La famille de Leonarda.@ Capture Facebook
Partagez sur :

L'ado se promenait en famille dans la rue quand elle a été prise à partie par des inconnus.

L'INFO. Résidant actuellement à Kosovska Mitrovica, ville du nord du Kosovo, Leonarda et sa famille ont été agressées dimanche après-midi par des inconnus, selon une source policière locale. La mère de Leonarda, Xhemaili, 41 ans, "a été giflée et a été hospitalisée, tandis que les enfants, traumatisés, se trouvent dans un commissariat de police", a-t-on ajouté de même source.

Leonarda va bien. L'envoyée spéciale d'Europe 1 au Kosovo a pu joindre la jeune fille expulsée de France le 9 octobre lors d'une sortie scolaire. Leonarda va visiblement bien. Une source policière lui a confirmé que l'agression "n'était pas très grave". "La famille a été prise a partie pendant qu'elle faisait des courses", a encore précisé l'envoyée spéciale d'Europe 1.

Un différend familial ? Une source policière a expliqué que "l'incident s'est produit entre deux familles, les Dibrani et les Bislimi. Il s'est avéré que M. Bislimi avait été l'époux de Xhemaili Dibrani (la mère de Leonarda) il y a 25 ans et nous supposons que ce fait a été à l'origine de l'incident", a déclaré à la presse dimanche soir un policier, le capitaine Ahmet Gjosha. Ce dernier a ajouté que les Bislimi avaient été rapatriés de Suisse il y a quatre mois.

La famille pas en sécurité au Kosovo ? Selon une source policière qui préfère l'anonymat, cette agression "montre que les Dibrani ne sont pas en sécurité ici". Dimanche matin, Resat Dibrani confiait à l'AFP : "Les enfants ont peur de sortir. Lorsqu'ils sortent ils le font avec moi et se cachent derrière moi lorsque nous rencontrons d'autres enfants qui souvent leurs demandent 'pourquoi parlez-vous français, pourquoi vous faites semblant d'être Français'".

"Je ne peux pas m'adapter". Resat, le père, qui a reconnu être le seul de la famille à être véritablement né au Kosovo, a confié son désarroi. "Je ne peux pas m'adapter, je suis parti d'ici il y a 35 ans. Je ne reconnais plus la ville", s'attriste-t-il. Après que les autorités kosovares ont indiqué être prêtes à délivrer des documents d'identité aux Dibrani, Resat s'interroge : "Je ne comprend pas comment le Kosovo a accepté de nous recevoir. Moi, il est vrai. Je suis d'ici. Mais ma femme et les enfants ne sont pas des citoyens kosovars".

"Nous allons revenir en France". Samedi, sur Europe 1, Leonarda affirmait vouloir revenir en France, mais pas seule, comme le lui a proposé François Hollande. "Je ne veux pas être séparée de ma famille. Nous allons revenir en France cette semaine ou la semaine prochaine. C'est certain. Même si on doit avoir des problèmes. Au moins, je sais que je serai en France", a-t-elle confié sur Europe 1. "Et si vraiment mes parents ne peuvent pas revenir avec moi, alors je ne reviendrai pas. Je serai obligée d'abandonner mes études et je ne ferai rien de ma vie. Ils ne doivent pas me séparer de ma famille. C'est grâce à eux que je suis bien intégrée. Si j'étais toute seule, ça fait longtemps que j'aurais fait des conneries", a-t-elle ajouté.


>> A LIRE AUSSI SUR CE SUJET

• L'INFO - Hollande : Leonarda peut revenir en France mais "seule"
 • DOCUMENT - Le rapport d'enquête sur cette expulsion
 REACTION - Leonarda : "je n'irai pas seule en France"
 • ZOOM - Le rapport accable la famille de Leonarda
 • POLEMIQUE - En Italie, la famille de Leonarda a aussi eu des problèmes
 • POLEMIQUE - Quand le père de Leonarda s'arrange avec la vérité
 • ANALYSE - Quand Trierweiler évoque l'affaire Leoanarda
• DECRYPTAGE - Expulsion de Leonarda : que dit le droit ?