Afghanistan : Abdullah fera-t-il vaciller Karzaï ?

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Afghanistan : Abdullah fera-t-il vaciller Karzaï ?
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Le président sortant aborde le scrutin en favori jeudi mais des sondages indiquent qu'il pourrait être contraint à un second tour par Abdullah Abdullah.

Trente-cinq candidats, dont deux femmes, défient jeudi Hamid Karzaï lors de l'élection présidentielle en Afghanistan. Le président sortant est favori mais les rares sondages publiés le créditent d'un avantage insuffisant pour éviter un second tour contre l'ex-ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, challenger plus dangereux que prévu.

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A 51 ans, Hamid Karzaï dirige l'Afghanistan avec l'appui des Occidentaux depuis le renversement des taliban, fin 2001. En 2004, il a aisément remporté la première élection présidentielle libre de l'histoire afghane avec une quarantaine de points d'avance sur son plus proche rival.

Membre de la communauté pachtoune, le principal groupe ethnique du pays, Karzaï a étudié la science politique en Inde puis a rejoint au début des années 1980 une petite faction pro-monarchiste de la résistance à l'occupation soviétique. Après le départ de l'Armée rouge, il devient en 1992 vice-ministre des Affaires étrangères. Avec l'avènement du régime des taliban, il passe dans l'opposition et se réfugie au Pakistan. Fin 2001, il est placé à la tête du gouvernement intérimaire dans le cadre du processus de transition politique.

La corruption endémique, les lenteurs du développement économique et surtout l'enracinement de la guerre contre les insurgés islamistes et les nombreuses pertes civiles, "victimes collatérales" des opérations des forces étrangères en Afghanistan, ont réduit sa popularité.

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Son principal rival : Abdullah Abdullah. A 48 ans, ce dernier a dirigé le ministère des Affaires étrangères de 2001 à 2006. Ce diplômé de médecine de l'université de Kaboul a exercé en tant qu'ophtalmologiste jusqu'en 1985. L'année suivante, il rejoint la résistance contre l'occupation russe (1979-1989) en entrant dans le Front de la résistance du Panjshir, que dirige le commandant Massoud.

Conseiller du commandant Massoud, il devient en 1998 le ministre des Affaires étrangères de l'Alliance du Nord, en lutte contre le régime des talibans. L'assassinat de Massoud, en septembre 2001, en fait l'un des principaux dirigeants de l'Alliance.

Après la chute des talibans, il est placé à la tête du ministère des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire de Karzaï, et reste à ce poste après l'élection de ce dernier en 2004. Mais en 2006, il est brutalement congédié par Karzaï.

Abdullah Abdullah est issu de la communauté tadjike (27% de la population, essentiellement dans le nord) mais il a aussi des origines pachtounes, le principal groupe ethnique (42%). En cas de victoire, il entend créer un poste de Premier ministre et soumettre les postes de gouverneur et de maire au suffrage universel.

Les sondeurs créditent Hamid Karzaï de 40 à 45% des voix et Abdullah Abdullah de 20 à 30%, selon l'édition de mardi duFinancial Times.

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